Band 
Tome VIII.
Seite
291
JPEG-Download
 

DU DUC (1407).

291

dans le cortège du deuil, puis le clergé des pa-roisses de Bruges , ensuite les chevaliers, et enfintous les habitans de la ville et des pays voisins,au nombre de plus de trente mille. Ce fut au mi-lieu des larmes de tout ce peuple que chemina leconvoi à travers les rues. Il semblait que tout lebonheur, la gloire, le repos des pays de Flandreet de Bourgogne étaient en ce cercueil; on auraitpu croire que le monde était fini. « Ab! disait-on,« nous vous perdons, vous, notre bon Duc, notre« bon père, le meilleur, le plus doux, le plus fa-« milier des princes; vous, notre paix et notre« joie ! vous qui aviez tant de largesse, dhon-« neur, de vaillance, qui, pendant si longues an-« nées, parmi tant de fortunes diverses et de si« grandes affaires, vous êtes comporté dune fa-« çon si sage et si salutaire ! Durant de si cruelles« guerres au-dedans et au-dehors, vous nous« avez gardés, de votre épée et de votre corps,« envers et contre tous, vous jetant toujours en« avant pour préserver du péril vos sujets et vos« États. Parmi de si horribles tempêtes, vous« aviez fini par nous ramener la tranquillité, lu-« nion et le bon ordre; vous avez fait siéger la« justice et donné libre cours à la marchandise.« A lombre de ce bonheur qui vous a suivi en