DU DUC (1407).
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Sans la crainte que répandait l’avènement de ceduc Charles dont on connaissait déjà l’orgueil,l’obstination et la dureté, et qu’on voyait em-pressé à faire toutes ses volontés sans écouter lesconseils de la prudence, peut-être le vulgaireaurait-il, comme les gens plus doctes et plus sages,mêlé quelque blâme aux regrets et aux louangesqu’inspirait le souvenir du duc Philippe.
Sûrement ce règne de cinquante années avaitété noble et glorieux ; le Duc avait été le plusgrand souverain de son temps. Aucun roi n’avaiteu tant de puissance ni de richesses. Sa cour avaitété composée de princes et de souverains qui vi-vaient sous ses yeux et lui formaient un pompeuxcortège. Son nom avait rempli la chrétienté, re-tenti dans les pays d’outre-mer et jusque chez lesinfidèles d’Orient. Nul n’avait si bien gouverné sespeuples, avec une telle prudence, avec une sigrande modération, avec une habileté qui auraitpu se passer de conseillers, et qui pourtant avaittoujours recherché les plus sages. On pouvaitdire aussi, à son honneur, qu’après avoir, en sapremière jeunesse, cédé à sa vengeance, il avaitensuite épargné et sauvé le royaume de France,et rendu honneur et puissance au chef de sa race.Mais aussi quelle ambition n’avait-il pas montrée!