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Tome VIII.
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SÉDITION

« que je vais retourner vers le Duc pour lui faire« le récit de tous vos bons sentimens, et com-« ment vous avez si noblement parlé de lui. Je« vais lui dire que vous avez plaintes à porterv contre certains hommes de cette ville, et je vous« certifie que monseigneur vous fera justice d’eux« et de toute autre chose ; mais, je vous en con-« jure, ne faites rien de nouveau jusqu’à mon re-« tour : je me mettrai ensuite avec vous. »

Il rapporta au Duc où en étaient les choses. Leprince l’écoutait impatiemment, fronçait le sour-cil, mordait sa lèvre, et maugréait de tout soncœur de ce qu’il fallait plier ainsi devant ces vi-lains et en passer par où ils voudraient. Lui quiétait si extrême dans ses volontés, et qui s’étaitsi bien proposé de mener les affaires l’épée haute,de façon à faire trembler le monde devant lui, ilétait contraint de commencer son règne en s’a-baissant devant des bourgeois révoltés. Cependantil monta à cheval pour les venir trouver, et, touten fureur, il pressait le pas pour arriver à laplace du marché. Les rues étaient pleines de gensqui s’en allaient en armes rejoindre leurs ban-nières. « Messeigneurs, disaient-ils, n’ayez pas« peur, nous vous aimons bien. Allez où il vous« plaît, vous n’êtes point en danger; nous soin-