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ENTRÉE DU CONNÉTABLE
aussi grand et aussi puissant. Le roi semblait lui ac-corder toute confiance, ou du moins croyait avoirbesoin de lui. Le Duc, qui n’écoutait personne,avait cependant une longue habitude de prendreles conseils de ce comte de Saint-Pol, qu’il avait'vuautrefois, à la cour de son père, chef hautain dela faction opposée aux seigneurs de Croy. Aussitout absolu qu’il fût dans ses volontés, souhaitait-ilsouvent de l’avoir auprès de lui. Le connétable, deson côté, qui ménageait à la fois les deux princeset se trouvait si bien de leurs discordes, redoutaitde les voir venir à une rupture ouverte ; car il eûtfallu sans doute choisir entre les deux; et, quelque fût le parti qu’il adoptât, il avait fort à yperdre. Rien ne lui convenait donc mieux que dese faire envoyer en ambassade auprès du duc deBourgogne. Il ne lui fut pas difficile de disposerle roi à lui donner l’ordre de se rendre à Bruges .
Personne n’aimait autant que lui à se montreravec pompe et avec orgueil. L’occasion était bellepour paraître dans tout l’éclat de sa grandeur.Tous les gentilshommes des États de Bourgogne ,qui avaient été témoins de sa disgrâce dans letemps du feu Duc , se trouvaient là réunis. Lesambassadeurs de toute la chrétienté étaient ve-nus assister à cette grande solennité. Le comte