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MARIAGE
de soie. De distance en distance étaient de grandséchafauds où l’on représentait des mystères, touschoisis pour la circonstance : tels qu’Adam rece-vant Ève des mains de Dieu, ou Cléopâtre offrantsa main à Antoine. Devant la porte de l’hôtel duDuc était l’écusson de ses armes de France , en-touré de douze autres écussons de ses seigneu-ries, duchés ou comtés. Le collier de la Toison-d’Or environnait ce blason, avec la devise : « Je« l’ai entrepris (ou empris comme on disait« alors) », qu’avait choisie le Duc; deux lionsservaient de support, et de chaque côté on voyaitles statues de saint André et de saint Georges.
Arrivé devant l’hôtel, la litière s’arrêta ; les ar-chers de la garde dételèrent les chevaux, la char-gèrent sur leurs épaules et vinrent la déposerdoucement devant la porte où madame la duchessedouairière était venue attendre sa belle-fille. Ellelui donna la main pour sortir de la litière, et laconduisit en sa chambre au son des trompetteset des clairons.
Le festin des noces fut magnifique, et l’on y vitfigurer toute cette riche argenterie qu’avait faitfaire autrefois le duc Philippe et qu’on avait tantadmirée à Paris , lorsqu’il était venu y tenir sonétat dans le temps du sacre du roi. Après le dîner,