418 FÊTES FOUR LE MARIAGE DU DUC (1468).
l’honneur de la belle bergère, espoir de la sei-gneurie de Bourgogne .
Ce fut pendant huit jours semblables fêtes, tour-nois, joutes pour l’entreprise de l’Arbre-d’Or, enguise d’aventures de chevalerie, banquets et en-tremets de plus en plus merveilleux par l’imagi-nation et les industrieuses mécaniques qui les fai-saient mouvoir. Si bien que le dernier jour on vitentrer dans la salle une baleine de soixante piedsde long, escortée de deux grands géans. Son corpsétait si gros qu’un homme à cheval aurait pu s’ytenir caché. Elle remuait la queue et les na-geoires; ses yeux étaient deux grands miroirs.Elle ouvrit la gueule et l’on en vit sortir des si-rènes qui chantèrent merveilleusement, et douzechevaliers marins qui dansèrent, puis se combat-tirent les uns les autres, jusqu’à ce que les géansles fissent rentrer dans leur haleine. Enfin, aprèsune semaine passée de la sorte, le Duc prit congédes seigneurs et dames d’Angleterre qui luiavaient amené la Duchesse, et partit pour laHollande, où quelques affaires exigeaient saprésence.
FIN DU TOME HUITIÈME.