DU COMTÉ DE KEIIETTE (140!)).
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mais son désir ni son espéi’ance; son courage, saforce d’âme et de corps l’empêchaient de conce-voir aucune crainte. Il aurait formé dix entrepri-ses différentes avant d’en avoir terminé une, etles obstacles qu’il eût trouvés à la première l’au-raient au contraire disposé h commencer les au-tres. La vie de l’homme n’était pas assez longuepour tout ce qu’il rêvait; par malheur, il avaitplus de force dans la volonté que d’habileté dansla conduite, et plus d’emportement que de pru-dence.
Les conseillers que le duc Sigismond avaitamenés le rendirent encore plus favorable à leurproposition par toutes leurs flatteries : « C’était« lui qui allait enfin venger la noblesse des affronts« que lui faisaient endurer depuis trop long-temps« ces gardeurs de vaches. A son seul nom, l’ours« de Berne allait ramper en toute humilité, et la« gloire de Bourgogne allait retentir comme le« tonnerre parmi les Alpes . ®
Entre les conseillers du duc Charles, il y enavait un qui le pressait encore plus de terminerce marché : c’était Pierre de Ilagenbach, son maî-tre d’hôtel, gentilhomme d’Alsace , qui avait de-puis long-temps servi avec zèle son père et luipar ses conseils et sa vaillance. Il vantait sans