Le roi Henri VI était maintenant tranquille-ment rétabli sur le trône. La reine Marguerite,le prince de Galles, sa femme, la duchesse deClarence et madame de Warwick pouvaient s’enaller tranquillement en Angleterre. Le roi avaitprêté à toute cette cour le château de Razilli,près de Chinon ; il avait entouré les princesses dedames et de serviteurs, et défrayait splendide-ment leur dépense. Il traitait aussi avec plus decaresses et de libéralité que jamais le roi René ettoute la maison d’Anjou. Ces soins, les servicesqu’il venait de rendre, et la grande autorité qu’ilexerçait nécessairement sur la race de Lancastre,rétablie par ses secours, dictèrent au prince deGalles un traité tel que le roi le voulut.
Il s’engagea sous son sceau et par serment àfaire guerre ouverte à toujours contre le duc deBourgogne , et à la faire faire par tous ceux qu’ily pourrait déterminer, sans rien y épargner; àne jamais faire traité, paix, accord ou trêve avecle duc de Bourgogne , ni à lui en tenir parole,pour aucune cause que ce fût, sans le consente-ment du roi ; à poursuivre et continuer la guerrejusqu’à la fin de la conquête de tous les pays,terres et seigneuries du Duc. Si l’un des deuxalliés avait le premier achevé de son côté, il de-