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l’empereur, avec mademoiselle de Bourgogne senégociait toujours, et la maison d’Autriche avaitinteret h ménager le duc Charles. Les propo-sitions du roi n’étaient point rejetées, maistenues en réserve pour les admettre selon l’oc-casion.
Peu après, l’empereur, se rendant à l’entrevuequ’il devait avoir avec le duc de Bourgogne ,avait pris sa roule par Baie. Ce ne fut pas sansune extrême méfiance qu’il fut reçu dans la ville.Sa milice prit les armes; elle avait demandé auxautres communes suisses une garnison de huitcents hommes. Tout était prêt pour lui porterun prompt secours en cas de besoin. L’empereurse montra doux et courtois envers les gens deBàle et les Suisses ; rien dans ses discours n’an-nonça ni haine ni menace. Pierre de Hagenbach vint le trouver en grand appareil ; il était accom-pagné de quatre-vingts hommes d’armes, por-tant sa livrée grise et blanche sur laquelle étaitbrodé un jeu de dés, avec ces mots : « Je passe »,comme pour signifier qu’il attendait la chancefavorable. Ses discours étaient plus hautains quejamais. La conquête de la Gueldre , qu’achevaitalors son prince, semblait accroître son audaceet son insolence. 11 se plaignait publiquement de