34
SAISIE
avait fait grâce. Il fut donc déclaré criminel delèse-majesté, d’homicide et de fausse monnaie ;comme tel condamné h recevoir la mort, et àêtre exécuté par justice, réservé le bon plaisirdu roi.
Le duc d’Alençon demeura prisonnier dans latour du Louvre, et n’en sortit qu’un peu avantde mourir, deux ans après sa condamnation. Leroi n’exécuta pas non plus à la rigueur l’arrêtde confiscation, et rendit une portion de cet hé-ritage a René, comte du Perche, fils unique duduc d’Alençon .
Aussitôt après ce jugement, il s’en alla faireencore acte de pouvoir sur un autre prince deson sang, dont il avait depuis long-temps et deplus en plus à se plaindre. Le vieux roi René,plus par faiblesse peut-être que par mécontente-ment , n’avait jamais eu tant de secrètes corres-pondances avec le duc de Rourgogne. Maintenantil n’avait plus d’héritier direct, et sa succession,qui comprenait la Provence, l’Anjou et le duchéde Bar , et des droits à prétendre sur les royaumesde Naples, de Sicile, de Jérusalem et d’Aragon,était un objet d’ambition pour le roi et pour leDuc. Déjà le roi avait occupé le duché de Bar , afind’empêcher qu’il ne tombât sous la main de son