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vers la porte et entraient dans la ville. Le roiaurait pu facilement profiter de leur peu de mé-fiance et faire un mauvais parti à ses ennemis,tout nombreux qu’ils étaient; mais il agissait à labonne foi, et ne songea au contraire qu’à leurfaire fête. Il fît placer à la porte de la ville deuxlongues tables chargées de viandes de toute sorte,et surtout de celles qui donnent envie de boireavec profusion des meilleurs vins; pour l’eau iln’en était pas question. Monsieur de Craon, mon-sieur de Bressuire , le grand-écuyer et d’autressiégeaient à ces tables et en faisaient les honneurs.Lorsqu’on voyait arriver quelque cavalier anglais on allait au-devant lui tenir la bride et le fairedescendre en lui disant : « Allons, venez rompre« une lance avec nous. » Ceux qui 11e trouvaientpoint place à ces tables entraient dans la ville,où neuf ou dix tavernes leur étaient ouvertes.
Ce train et l’affluence des Anglais s’en allèrentaugmentant chaque jour. On les trouvait peu sa-ges, mal disciplinés, et les Français s’étonnaientsurtout de les entendre parler de leur roi Édouardavec si peu de respect. Bientôt on commença às’inquiéter de leur multitude et de leur désordre.Le sire de Torci, grand-maitre des arbalétriers,essaya d’en parler au roi et fut fort mal reçu.