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LETTRE DU CONNÉTA1SI.E
ferai; et je prie Notre Seigneur qu’il vous donnece que vous désirez. »
Le danger pressait. Il écrivit au duc de Bour-gogne pour essayer de l’émouvoir et de lui rap-peler son ancienne amitié. « Mon très-honoré ettrès-redouté seigneur, aussi humblement et affec-tueusement que faire je puis, je me recommandeà votre bonne grâce, de laquelle j’ai tant à faire,vu la nécessité où je suis pour avoir voulu vousrendre service. Comme votre pauvre parent, jeme suis retiré en vos pays pour y vivre et mourir ;et vous pourrez m’employer pour vous où il vousplaira, sans épargner ma vie ni mes biens. Montrès-honoré seigneur, j’ai souvenance des hon-neurs et biens que j’ai reçus en votre maisontant que j’y ai demeuré. C’est ce qui me donneespérance que vous ne voudrez pas me mettre enoubli; car vous ne voudriez pas blesser votrehonneur, et je ne fais nul doute que vous negardiez souvenir des promesses que vous m’avezfaites ou fait faire, et aussi du service que jevous ai rendu à la journée de Montlhéri, voussuppliant très - humblement que la récompensen’en soit pas perdue, et qu’il vous plaise croirele gentilhomme porteur de la présente. Il est àmoi, et je lui ai donné charge de vous remontrer