L
HISTOIRE DU ROYAUME
Si'ct. VI. Gustave non-feulement comme un héros & un ami, mais parcéqu’il le regar-llíft. de doit comme l’ennemi le plus redoutable des Polonois. (i)
Suede. L es Impériaux fe coníòloient de la défaite de Lutzen par les avantages de
i632 ' I7i8 ‘ la mort de Gustave; le premier mouvement de l’Empereur fut de le pleu-rer; mais ses larmes furent bientôt démenties par les feux de joie & le TeDeum qui fut chanté h Vienne: (2) les ennemis de la paix triomphoient.Régence. Les Sénateurs à qui Gustave avoit confié la tutelle de Christine, étoient leGrand Baillis, le Maréchal de la Couronne, l’Amiral, le Chancelier & leTrésorier de la Couronne,Chefs des cinq Colleges; ils furent confirmés parles Etats: l’administration du Royaume fut donc mise entre les mains, deGabriel Gustafson Oxensliern, de Jacques de la Gardie, de Charles CarbonGyldenhielm, Axel Oxenstiern & Gabriel Benfon Oxenstiern. L'amitié deGustave pour,1e Chancelier Axel Oxenstiern & la confiance que les Etatsavoient dans ses vertus & son habileté, les engagerent ò. lui confier le foinOxenstiern des affaires & des troupes de Suede en Allemagne. II fut chargé de renou-chargè des veller les alliances avec les Electeurs & les Ordres de l’Empire, de ne pasaffaires £? [j n j r j a g Uerrc jusques à ce que chacun eût obtenu satisfaction ; il lui étoitde Su*dî™ surtout recommandé de veiller à la défense des lieux dont la sûreté duRoyau-tn Mema- me dépendoit, & surtout des contrées maritimes entre l’Elbe & l’Oder, &gne. des terres limitrophes de l’une & l'autre Saxe, jusques à la conclution d'unepaix honorable & sincere. (z) Le Chancelier qui fentoit toutes les difficultésque lui fufeiteroient, le peu d’union des Princes Protestans, la jalousie deleurs Généraux, & l’indocilité des Electeurs aux ordres d’un étranger, quin’étoic point de sang Royal, repugnoit h fe charger de ce pénible emploi ;mais il ne consulta que l’intérêt de la Patrie. 11 s’attacha d’abord à faire sen-tir aux Princes Protestans la nécessité d’être unis; il les engagea de regarderk Suede comme une ressource contre les entreprises de l’Empereur, & defaire cause commune avec ce Royaume ; il proposa aux Cercles de Suabe,.de Franconie, du haut & du bas Rhin de convoquer une assemblée à Ulm.II alla lui-même auprès de l’Electeur de Saxe ; il favoit que ce Prince vou-loir fe faire mettre à la tête des affaires, & qu’il intriguoit auprès des PrincesProtestans; il vouloir à cet effet rompre l’affemblée des Cercles, transférée à„ , . Heilbron. (4) Oxenstiern lui donna les raisons les plus fortes, pour lui per-
tionluprès fuftder qu’il falloir suivre le plan que Gustave s’étoit proposé ; que le succèsdu Duc de dépendoit absolument de Punion la plus étroite; qu’il s’agiffoit de rétablir ceSaxe. q Lie cet te union pouvoir avoir souffert de la mort du Roi, de ruiner les espé-rances & les intrigues que cette mort avoir kit concevoir aux ennemis de laReligion Evangélique.
f Cependant le Chancelier employoit toute forte de moyens pour conserver
princes àtS à la Suede, ses conquêtes en Allemagne. II étoit parvenu à faire confirmerprotestons, à rassemblée dTIeilbron, le traité d’alîiance entre les Suédois «Sc les PrincesProtestans, contre les Impériaux. 11 envoya dans la basse Saxe & la West-phalie, une armée fous les ordres de George Duc de Lunebourg , & àGustave Ilorn qui étoit en Franconie, le Duc Bernard de Saxe; il les enga-
(1) Puff. rer. Suec. L. 10. (2) Hiíl. de Gust. Adol. T. 4. L. 12. (Z) Locœn. L. f.iiist. Suec. (4) Introd, à l’Ilist. Uaiv. T. 4. L. 4.