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HISTOIRE D U ROYAUME
Sect. VI. tuler, mais à condition qu’elle sortirait avec armes & bagages : íe Prince vou-Sueti C ' C ^°' t st lle à garnison se rendît à discrétion ; les soldats & les bourgeois pro-i6""-ì-i8 ce ^ erent qu’ils s’entcrreroient plutôt sous leurs murs ; le siégé continuoit
í —í _'avec fureur, lorsque la nouvelle de la paix signée à Munster & à Osnabruck
La paix est sir cesier toute hostilité. Par ce traité, suivi de celui de Nuremberg qui réglastgr.ée à Ot- quelques différends entre la Suede & l’Empereur & enfin de celui de West-nabruck. phalje, on céda à perpétuité à la Couronne de Suede, toute la Poméraniecitérieure, Piste de Rugen, Stettin & quelques autres places dans la Pomc-cueiiie la ranie ultérieure, les embouchures de l’Oder, Wismar, 1 Archevêché deSuede. Bremen, l’Evéché de Ferden, &.on lui donna en outre cinq millions d’écuspour les frais de la guerre, (i)
Oxcnflí'm Les Ambassadeurs de Suede à Osnabruck étoienf Aider Salvius & JeantfSaMus Oxenstiern , fils du célébré Chancelier. Le premier étoit d’une naissanced^Sueleàce °^^ cure 5 mais ses talens pour la politique & pour Padminislration n’a-traitTd'Oì- voient point échappé au Grand Gustave: fa fille l’avoit élevé à la digniténalrtík. de Chancelier de la Cour; il seconda les vues de Christine en accélérantJa conclusion de la paix , qu’Oxenstiern cherchoit h reculer par les, diffi-• cul tés qu’il faifoit naître ; elle éleva Salvius à la dignité de Sénateur &dans le discours qu’elle prononça dans le Sénat à cette occasion ; „ quand il„ est question, (dit-elle,) de bons avis & de sages conseils, on ne de-- „ mande pas les íéixe quartiers ; mais ce qu’il faut faire. II ne manque à
„ Salvius que d’être d’une grande famille & il peut compter pour un avan-„ rage qu’on n’ait autre chose à lui reprocher. II m’ìmporte d’avoir dc,, gens capables. ” (2) La Suede auroit pu espérer de retirer de plusgrands avantages de cette paix ; mais Christine aima mieux sacrifier quelquechose au repos de tant de nations que cette guerre accabloit depuis fi long-tems, que de s'exposer à la prolonger encore par des réclamations légitimes.Ce trait ne fut pas le moins glorieux de sa vie. ,(3) D’ailleujrs, elle médsstoit un projet dont Pexécution étoit impraticable pendant la guerre.
1650. Les Etats assemblés supplièrent la Reine d’assurer le bonheur de la SuedeChristine en se choisissmt un époux; ils lui présenteront les vœux de la nation en fa-rf f u j. e de ft veur de son cousin Charles Gustave ; ce Prince s’étoit flatté d’époufer lar ‘ Reine, qui paroistòit entretenir pour lui les sentimens qu’elle lui avoit marquésdans son enfance: en effet, elle lui témoignent toute l’estime que méritoientses belles qualités & la gloire dont il s’étoit couvert dans la guerre d’Alle-magne; mais Christine ne sc fentoit aucune inclination pour le mariage, elleavoit toujours éludé les propositions qu’on lui en avoit faites. Elle répondit
aux Etats: „ j'aime mieux vous désigner un bon Prince & un successeur capa-„ ble de rogner avec gloire: ne me forcez donc point de me marier; il pour-” roit aussi bien naître de moi un Néron qu’un Auguste (4). ” Elle désigna lePrince Charles Gustave son cousin , & lui fit donner par le Sénat le titreá’Altesse Royale, & un revenu fixe pour son entretien: on lui fit jurer quelui & les siens obéiraient à la Reine ; de n’entreprendre fans sir permission au-cune
(1) Voyez ces traités & l’ouvrage du P. Bougean fur le traité de Westphalie, ainsi quenotre T. XL. p. 526, & c. (2) Lettres & Mémoires de Christine. (3) Locœn. hist.Suec. L. 9. p. 693. (4) Lettres & Mémoires de Christine.
Elle dêstgneU PrinceCharlesGustavepeur fanjuccejje’jr.