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HISTOIRE DU ROYAUME
Sect. VI.Hìst. deSuede.1632-1718.
Elle ajjsem-hle lesEa íí.
Elle estjour de àtoutes lesreprésenta-tions. .
On consent« son abdication ..
On fixe Jesrevenus..
Elle con-somme ceta&e ce .de te trônea C ifìriesGustave.
quitter le trône pour se livrer h la philosophie, qui la récompensa mal de cesacrifice. Elle avoit d’autres motifs encore. (1)
Christine fit transporter sa bibliothèque, ses tableaux , ses statues r ses mé-dailles & ses antiquités àGothembourg;elle annonça au Sénat assemblé à Un-sal, qu’elle vouloir assembler les Etats pour y consommer Paffaire de son ab-dication , & qu’elle défendoit de lui faire des repréíèntations à ce sujet : leSénat n'obéit point à cet ordre. On la conjura de ne point abandonner unpeuple qui Padoroit & dont elle faisoit la gloire & les délices. Oxenstiemlui parla au nom de la nation: il osa lui prédire qu’elle se repenciroit un jourde s’être dépouillée de l'on autorité, mais qu’ii ne í'eroit plus teins. Char-les Gustave lui dit qu’elle étoit comptable envers la patrie du génie & destalens qu’elle avoit reçus du ciel pour le bonheur de son peuple, & que ceI'eroit.un crime de Pen priver. Christine fut inébranlable. Elle fit connoì-tre qu’elle déliroit qu’on lui assignât deux cents mille rixdalers- de rente furdes fonds bien assurés; elle demandoit en souveraineté Wolgast & les autresterres de Poméranie, avec la liberté de les vendre ou de les engager, pour-vu que ce fût à des Suédois. Elle vouloit faire nommer le Comte de Tort,de la maison de Wasa, successeur de Charles Gustave, au cas: que ce Princemourût fans en sans ; mais cette proposition ayant été 1 désapprouvée du Sénat,elle n’en parla point aux Etats. (2). Les Etats s’aíTemblerent ; tous les Mi-nistres des cours étrangères y furent invités, 'elle fit l’ouverture de l’aífem-biée par un discours qu’elle prononça. On donna copie de les demandes àchacun des Ordres; Oxenstiem refuse de la. lire, comme ne voulant participeren rien à cette démarche qu’il désapprouvoit : on fit inutilement de nouvellesinstances. Enfin après avoir longtems délibéré, les Etats consentirent qu’el-le renonçât au trône, & que Charles Gustave fût reconnu pour Ion succes-seur. On aíììgna les revenus de cette Princesse fur les líles d’Oeland, deGothland & d’Oeí’el, fur Wolrin, Uíedom, fur la ville & le château deWolgast; ce revenu alloit à deux cents quarante mille rixdalers; mais cesterres & villes ne lui furent aífignées qu’à titre d’appanage & non de souve-raineté. O11 vouloir Pobiiger à ne point sortir du Royaume;, mais CharlesGustave vouloit qu’elle eût une entiere liberté.
Enfin quelques jours après elle consomma Pacte: de son abdication ; vers lessept heures du matin, elle entra au Sénat avec le Prince Héréditaire, ellefit lire Pacte de fa démifîìo'n, portant qu’elle renonçoit tant pour elle, quepour ses pareils prélcns & à venir,, à ses droits fur la couronne de Suede ;qu’elle les cédoit avec toutes ses prétentions au Prince Charles Gustave soncousin,, qu’elle établissoit son successeur, h condition qu’il la. maintiendroitpendant se vie dans la posseslìon des terres qu’elle se réservoir à titre d’appa-nage ; qu’il lui I'eroit permis de vendre, engager 011 donner trois préfecturesde la Poméranie & une de Pille d’Oeíèl., pourvu que ce fût à des sujets duRoyaume,mais fans pouvoir disposer des autres biens; qu’elle pourroit, quantà ce qui concemoit la personne , faire tout ce que bon lui fembleroit, commelibre de toutes sujettions & obéissances, fans être tenue de rendre compte à per-
( 1 ) Voyez- se*- Lettres à M. Chanut, Ambassadeur de France: il parole que depuis huit mis-sile méditoit son abdication. (0 Loccen. L. p. Introd,. à. l’Ltiít,. cie. t’iiniv..