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HISTOIRE DU ROYAUME
Skct. vu. La défense de la distillation des grains & de la vente des eaux-de-vie, dont)íiji. de ' on avoit tant abusé jusques au régné de Gustave; les sages mesures qu’ilSuede. _ avo j t p r if es contre les monopoleurs, les encouragemens prodigués à l’agri-I 7 1Í 5' à culture & la récolte abondante lui permirent enfui d’autorifer f exportationnos pur s ' des grains de toute efpece ; il y avoit un íîecle que cette liberté n’avoit puExporta- avoir lieu en Suede ; six vaisseaux marchands chargés du superflu de ces pfo-tion per- ductions, partirent pour Amsterdam. Alors le Roi crut pouvoir fe relâcherde la sévérité de la défense de la distillation; mais il se proposa de n'en ac-corder la tolérance qu’autant que les grains fe soutiendraient sur un bonprix, & qu’à des particuliers dont la conduite & la bonne réputation lui ré-pondoient qu’ils n’en abuseraient point. Afin que le pauvre invalide fe ressen-tît de l'abondance, il fit remettre aux curés de Stockholm trois cens tonnesde seigle, pour distribuer dans leurs paroiílès, à ceux qui fe trouveraienthors d’état de gagner leur vie.
Ordrmr.an. Ses vues économiques s'étendirent atout: malgré l’union qui régné entrece au Jujet Sa Majesté & les Princes ses freres, il publia une déclaration, portant quedes dupes . lez dettes dcja contractées ou qui le feront à l'avenir, par les personnes dela maison royale, ne seront plus payées ni par le trésor royal, ni par les ef-fets mobiliers des contractans ; voulant que chaque Prince de son sang payeexactement ses dettes fur son revenu; leur recommandant à cet égard,le meil-leur ordre. Le but de cet édit est doter aux grands tout exemple & toutprétexte de faire plus de dettes qu’ils n’en peuvent acquitter. On ne s’avifeguere d’enfreindre une loi, à laquelle le législateur est le premier à se sou-mettre. Sous un Prince qui réunit la bienfaisance & la justice, le peuplen'attend pas que la loi rétablisse l’ordre & réprime les abus ; il va au devantde la loi & le désordre ceflè ; c’est ce qu’on vit en Suede, par rapport auxInhuma inhumations. Les papiers publics étoient remplis des vœux que failoient entiotis hors France, des citoyens éclairés pour Pextirpation de Tissage barbare d’entcr-des villes. rer les morts dans les églises & de laisser subsister les cimetières au sein desgrandes villes; vœux que le Parlement de Paris a depuis longtems légitiméspar des arrêts, & que quelques Prélats ont exaucés dans leurs diocèses; maisque des intérêts (plus sacrés,fans.doute, que la santé d’un peuple immense)rendent impuiíïïms dans la capitale. Le Collège de santé de Suede, frappé desobservations multipliées qui avoient été faites en France fur les suites funes-tes de cet usage, fit appercevoir les Suédois que le même abus & le mêmedésordre regnoient chez eux, & sans qu’il fût besoin d’aucun édit ni d’aucu-ne ordonnance du Roi, les habitans des campagnes ceílerent, non-seule-ment les inhumations dans les églises, mais encore ils transportèrent les ci-metières loin de leurs habitations. Cette réforme, à la vérité, n’est pas gé-nérale ; mais il y a tout lieu d’espérer qu’elle sera adoptée dans tout leRoyaume, & que la Suede servira d’exemple à d’autres Etats.
' ^ c cufation L’administration de la justice étant une des parties les plus essentielles decontre lésé- Tadministradon générale, Gustave y veilla avec la plus grande exactitude: ilnat dejen- fut vivement affecté des accusations intentées contre le Parlement de Jonkio-kioping- ping: d’après les informations faites fur les lieux par le Chancelier de justi-ce, il évoqua cette affaire importante au tribunal suprême de revision séantà Stockholm, & pour mieux constater encore les faits, le Roi nomma une