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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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Siter. I.1HJL deDanne-marck, &c.Descrip*Mœurs &Gouverne-ment.

Loix mari-times..

Des nau-frages.

xo6 HISTOIRE DU ROYAUME

les biens des peres , de tòus les frais quils ont faits pour les enfans, &;

cela par la voie de Inexécution;. & les parens seroient dans lindigen- ce, elle veut que les maisons de charité faísent le remboursement.

Les loix qui concernent la marine, font les plus séveres de toutes,, & el-les doivent lctre. Plus le crime est facile à commettre, plus le châtimentdoit être terrible ; cest une chose admirable, que le navigateur, à deux outrois mille lieues de fa patrie, au milieu de lôcéan, fans maître, tans té-moin , croie voir encore le glaive de la justice suspendu sur sa tête ; que lecapitaine respecte les richesies de son armateur qui sont en son pouvoir;, quecinquante matelots obéissent à un seul homme, quils haïssent, & dont lau-torité se trouveroit sans ressource actuelle, si elle étoit attaquée. En Danne-marck, le capitaine est autorisé à jetter & à abandonner sur une plage éloi-gnée & déserte, tout matelot séditieux.. Ceux qui, dans un naufrage, des-cendent à terre, pouvant - encore secourir le vaisseau , sont condamnés àmort :1a même peine est portée contre ceux, qui sc jettent dans un canot,,ou prennent la fuite de quelque autre maniéré, abandonnant leur vaisseauattaqué par des pirates. Le pilote , qui par fa faute a laiíîe périr le navirequi lui étoit confié, le paye de fa tête, sil peut le payer de fa bourse..

. La loi qui confisque les débris dun vaisseau qui vient déchouer & les mar-chandises quon a pu sauver, cette loi abominable, encore maintenue pardes gouvernemens qui sc vantent de politesse & dhumanité,. est abolie enDannemarck. La loi veut que tous les effets dun vaisièau qui a fait nau- stage, soient recueillis & mis sous bonne garde, pour les restituer, après déduction des frais,. au propriétaire,. sil se présente dans Tan & jour :

,, sil ne paroît pas, on prélevé les frais ; le reste se partage entre le Ros & ceux qui ont sauvé la cargaison. Frédéric IV ne crut pas que ce rè-glement fût un frein capable darrêter de vils déprédateurs, qui senrichissentdes pertes de leurs frétés. - II condamna à être pendu , quiconque sc íèroitapproprié quelquun des effets naufragés, si la valeur de cet effet excédoitcinquante marcs. II obligea tous les habitans des lieux voisins du naufrage,

'a répondre solidairement de toutes les 'déprédations qui pourroient sy com-mettre, si lon ne pouvoit en découvrir les auteurs. Cette loi devroit êtrepubliée dans tous les Etats maritimes. Mais on a voulu que lAmirautéressemblât aux autres tribunaux, & que les juges maritimes, à lexemple desautres, fondassent leur fortune fur la ruine des familles; & lon voit des Ma-gistrats savancer fur le rivage, non pour sauver les infortunés qui vont pé-rir, mais pour les dépouiller, quand les vagues les auront jettés fur lesbords. On ne conçoit point didée plus affreuse, que celle dun juge qui vaau nom de son Roi, faire légalement le métier dun brigand. Ces ordonnan-ces si sages ont été maintenues & perfectionnées par les successeurs de Fré-déric IV ; tous se sont plu à faire fleurir le commerce, à multiplier les atte-liers, les manufactures (i), & à rendre la marine Danoise respectable.

CO Une observation bien simple donnera une idée assez iuste des progrès que les artsutiles ont faits depuis quarante ans dans le Dannemarck. Nous la tirons des différentesloix prohibitives, qui, en empêchant limporcation de telle ou telle marchandise , prouventquon est parvenu à la fabriquer dans le Royaume, après savoir longtemps achetée des étranger. On défendit 011735 situportation. des faulx & faucilles, en 1737 celle du lìl