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HISTOIRE DU ROYAUME
initié hé-ttsi ìue Uf eut- êtrefabuleux ,
contraint d’y rentrer. Au milieu de tous ces troubles (ji) le trésor Royalavoit été enlevé. Hadding promit aux coupables de les élever aux premiershonneurs, s’ils le lui rapportoient; Fambition Femporta fur Favarice dansces aines aveuglées par l’une & par l’autre ; ils rapportèrent le trésor. Had-ding leur tint parole ; il leur donna Finvestiture des plus hautes dignités ;mais comme il ne leur avoit pas promis de les y maintenir longtemps, peude jours après il les fit pendre.
II raíTembla de nouvelles forces, reparut en Suede, théâtre consacré à sàvengeance : il y commit de grands maux ; & cependant il y eut peu de suc-cès. Bientôt la famine, qui étoit son ouvrage, le força à se retirer de cepays qu’il avoit désolé: avant d’en sortir,il voulut terminer la guerre par unebataille décisive; il sut vaincu: mais son courage & Fespérance ne l’abandotî-nçrent point;il reparut à la tête d’une nouvelle armée,poursuivit Ufl’on,Fas-siégea dans Upsal: celui-ci fit des propositions de paix. Hadding qui les crutsincères fe rendit auprès de lui ; mais ayant découvert qu’il le voulut faireassassiner, il tua Uffon, & donna fa couronne à Hunding, frere de ce mal-heureux Prince. Hunding, en rendant hommage au Prince Danois, ne fitque suivre le penchant de son cœur: il avoit conçu Famitié la plus tendre,pour ce guerrier, fléau de sii famille & dfe fa patrie. C’est ici qu’on accuseavec raison les historiens Danois de fe laisser séduire par l’appas du merveil-leux & du romanesque: ils font naître entre ces deux Princes une amitiéplus héroïque que celle d’Oreste & de Pilade. Hunding jura de ne pas sur-vivre au Prince Danois. Cependant Toston, chef de brigands, ou plutôtgénéral d’armée, car ces deux titres alors étoient à peu près synonymes,avoit levé l’étendard de la révolte; les Saxons fe rangerent en foule près delui: il osa défier Hadding, & en triompha. Bientôt la fortune change, lesrebelles sont vaincus à leur tour, & Toston meurt de la main du Roi. Maisune main chérie s’armoit contre les jours de Hadding, c’étoit celle d’Uvilde,fa fille ; le complot fut découvert. Hadding étoit pere ; il pardonna : mais,comme la renommée dénature, exagere, toujours les événemens qu’elle an-nonce, un bruit courut en Suede, que Hadding victime de la cruelle ambi-tion de fa fille avoit été égorgé dans son palais. Hunding fe souvint deson ferment ; il assembla tous les grands de son Royaume, célébra une fêtefunebre en l’honneur de son ami; elle fut suivie d’un festin, où les convivesjurèrent, en buvant, d’envoyer à Hadding les âmes de leurs ennemis, pourle servir dans le palais d’Odin. Hunding avoit fait placer, au milieu de lasalle, une grande cuve pleine de bierre ; il s’y jetta en présence de toute Fas-semblëe & s’y noya. Hadding déplora Ferreur fatale de son ami, & ne vou-lut point lui survivre : il s’étrangla : d’autres prétendent qu’il fe fit tuer parses gardes. Au reste, mous ne garantissons nullement la vérité de ce récit.Torsieus (2) a même contesté Fexistence de Hadding: mais si les HistoriensDanois nous paroiflènt trop crédules, celui - ci nous paroît trop févere dansfa critique ; & la crainte d’être trompé par les autres, fait souvent qu’il setrompe lui-même.
Frothon, fils de Hadding, lui succéda: né d’un Prince belliqueux, il le
initié hé-
rùî'iue Uf eut- êtrefabuleux ,
fut
(1) l^otre Tom. 42. p. 38p. (2) In sérié Reg. Dan.