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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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DE D ANNE M ARC, &c. Liv. XXXII. Sect. II. n 9

son successeur: celui-ci étoit à peine adolescent, lorfquil monta sur le tr à-Hist. an -ne ; les Saxons méprisèrent sa jeunesse & leverent sétendard de la révolte ; cienne damais, dans ces temps barbares, tout sart de la guerre se réduiíòit à être Dani s 2 'brave, il fuffîfoit h un jeune Prince de donner à íes soldats lexemple de marc *sintrépidité. Dan les conduisit aux combats, leur fraya le chemin de la gloi-re, & revint victorieux. Ccíl au Régné de ce Prince quon fixe vulgaire- 14.3,ment (1) lépoque de sémigration des Cirabres & des Teutons. Cétoient dmntj, c.des peuples qui habitoient le Juthland & les rivages de la mer Baltique : ilsétoient tous dune taille presque gigantesque : cétoient les Patagons du Nord.

De prétendues magiciennes étoient leurs prêtresses; lâge, &ìe spectacle ducarnage avoient endurci le cœur de ces Pythonisses ; elles égorgeoient les Moeurs desprisonniers pour lire lavenir dans leurs entrailles: pendant les combats, elles Cim res 'frappoient fur des peaux tendues au devant des chariots, & par ce bruit lu-gubre, animoient leurs soldats, & intimidoient senneini. Ces hordes, en-nuyées dune patrie stérile , ou du moins quon ne pouvoit féconder quà for-ce de travail, allerent, dans des climats plus doux, chercher une subsistanceplus facile: elles fe mirent en marche, & laisseront partout des monumensde leur fureur. Les habitans des campagnes, ceux-même des villes fortifiées,fuyoient à leur approche. On ne voyoit que cendres & que ruines partout m- ces brigands avoient passé. Ils traversèrent le Rhin, inondèrent les Gau- C.

les, franchirent les Alpes, ravagèrent lItalie: plusieurs même parvinrentjusques aux colonnes dHercule. Les Belges seuls oseront leur résister & dé-fendre leurs foyers contre ces hôtes sanguinaires.

Après Dan ÍII, on voie paroître fur la scene Fric îles I. (2) Ce Prince fut Nouveaule premier, qui, même au sein de la paix, entretint des troupes à fa solde: ssft é jneil est étonnant que des peuples si belliqueux ne fissent plus aucun usage deleurs armes, dès que la paix étoit conclue. Ce nest que pendant la paixquon peut exercer le soldat aux évolutions & le rendre docile: quand len-nemi paroît, il nest plus temps dapprendre un art quil faut fur le champmettre en pratique. Fridlefavoit adopté ce principe si sage, que pour mainte-nir le repos dun Etat, il faut toujours fe tenir prêt à faire la guerre : il vou-loir par cet appareil imposant contenir les Saxons, & fe faire respecter mê-me des Romains, (z) On prétend que César nosa combattre ces troupesaguerries, & quil aima mieux avoir dans Fridlef un allié, quun ennemi.

Cependant Huirwil, Prince Norvégien, souleva les peuples de cette contrée.

A lexemple de Fridlef, il les avoir exercés longtemps, avant de les con-duire aux combats; le Monarque informé de leurs mouvemens, mit à lavoile, & débarqua fur leurs bords h la tête dune armée. Huirwil marcha hfa rencontre avec confiance : on combattit avec beaucoup dordre, quoiquavecbeaucoup de furie. Cette bataille est la premiere peut-être dans le Nord, j^ a Norve- le génie des généraux ait contenu & dirigé la bravoure impétueuse du gj rentresoldat; aussi demeura-t-elle indécise: la nuit sépara les combattans. Mais la f°'i s lt ?plupart des Norvégiens abandonnèrent Huirwil h la faveur des ténèbres : ceux Tamise.qui lui demeurèrent fideles, nétoient pas en assez grand nombre pour foute-

fi) Pontanus. Cœfar. (2) Flor. Dan. (3) Iiist. Reg. Dan. oper. Erpold. Lindcc-bruch in luc. ed. ,