DE D ANNE M ARC Ií, &c. Liv. XXXII. Sect. II. n 9
son successeur: celui-ci étoit à peine adolescent, lorfqu’il monta sur le tr à-Hist. an -ne ; les Saxons méprisèrent sa jeunesse & leverent sétendard de la révolte ; cienne damais, dans ces temps barbares, où tout sart de la guerre se réduiíòit à être Dani s 2 'brave, il fuffîfoit h un jeune Prince de donner à íes soldats l’exemple de marc *sintrépidité. Dan les conduisit aux combats, leur fraya le chemin de la gloi-re, & revint victorieux. C’cíl au Régné de ce Prince qu’on fixe vulgaire- 14.3,ment (1) l’époque de sémigration des Cirabres & des Teutons. C’étoient dmntj, c.des peuples qui habitoient le Juthland & les rivages de la mer Baltique : ilsétoient tous d’une taille presque gigantesque : c’étoient les Patagons du Nord.
De prétendues magiciennes étoient leurs prêtresses; l’âge, &ìe spectacle ducarnage avoient endurci le cœur de ces Pythonisses ; elles égorgeoient les Moeurs desprisonniers pour lire l’avenir dans leurs entrailles: pendant les combats, elles Cim res 'frappoient fur des peaux tendues au devant des chariots, & par ce bruit lu-gubre, animoient leurs soldats, & intimidoient senneini. Ces hordes, en-nuyées d’une patrie stérile , ou du moins qu’on ne pouvoit féconder qu’à for-ce de travail, allerent, dans des climats plus doux, chercher une subsistanceplus facile: elles fe mirent en marche, & laisseront partout des monumensde leur fureur. Les habitans des campagnes, ceux-même des villes fortifiées,fuyoient à leur approche. On ne voyoit que cendres & que ruines partout m-où ces brigands avoient passé. Ils traversèrent le Rhin, inondèrent les Gau- C.
les, franchirent les Alpes, ravagèrent l’Italie: plusieurs même parvinrentjusques aux colonnes d’Hercule. Les Belges seuls oseront leur résister & dé-fendre leurs foyers contre ces hôtes sanguinaires.
Après Dan ÍII, on voie paroître fur la scene Fric îles I. (2) Ce Prince fut Nouveaule premier, qui, même au sein de la paix, entretint des troupes à fa solde: ssft é jne mûil est étonnant que des peuples si belliqueux ne fissent plus aucun usage deleurs armes, dès que la paix étoit conclue. Ce n’est que pendant la paixqu’on peut exercer le soldat aux évolutions & le rendre docile: quand l’en-nemi paroît, il n’est plus temps d’apprendre un art qu’il faut fur le champmettre en pratique. Fridlefavoit adopté ce principe si sage, que pour mainte-nir le repos d’un Etat, il faut toujours fe tenir prêt à faire la guerre : il vou-loir par cet appareil imposant contenir les Saxons, & fe faire respecter mê-me des Romains, (z) On prétend que César n’osa combattre ces troupesaguerries, & qu’il aima mieux avoir dans Fridlef un allié, qu’un ennemi.
Cependant Huirwil, Prince Norvégien, souleva les peuples de cette contrée.
A l’exemple de Fridlef, il les avoir exercés longtemps, avant de les con-duire aux combats; le Monarque informé de leurs mouvemens, mit à lavoile, & débarqua fur leurs bords h la tête d’une armée. Huirwil marcha hfa rencontre avec confiance : on combattit avec beaucoup d’ordre, quoiqu’avecbeaucoup de furie. Cette bataille est la premiere peut-être dans le Nord, j^ a Norve-où le génie des généraux ait contenu & dirigé la bravoure impétueuse du gj rentresoldat; aussi demeura-t-elle indécise: la nuit sépara les combattans. Mais la f°'i s lt ?plupart des Norvégiens abandonnèrent Huirwil h la faveur des ténèbres : ceux Tamise.qui lui demeurèrent fideles, n’étoient pas en assez grand nombre pour foute-
fi) Pontanus —. Cœfar. (2) Flor. Dan. (3) Iiist. Reg. Dan. oper. Erpold. Lindcc-bruch in luc. ed. ,