Sect. ll.tìijl. an-cienne duDanne-marck.
34<5,
351-
Succès ,cmautés,fin malheu-reuse deJarmeric.
3 66 .
37i.
Nouvelle
émigration.
130 HISTOIRE DU ROYAUME
foible, aussi peu ,fait pour commander une armée , que pour gouverner unpeuple : il écoit sans lumières, fans courage, méprisé de ses ennemis, & peurespecté des Danois. Jarmeric brisa enfin í'es fers, & reparut en Danh'émai'ck.Son oncle n’oia lui refuser une couronne , dont il se sentoic indigne. Lenouveau Roi reconquit la Hallandic & la Scanie, força la Suede à lui payertribut, chastà les Vandales de la Cimbrie, se vengea de tous les outragesqu’il avoit reçus pendant fa captivité, fit dévorer quarante de leurs chefs pardes loups affamés, maíïïicra leurs années, & rendit le relie tributaire. LesSimbes, les Curetés éprouvèrent aussi son courage ; les Vandales révoltés furentde nouveau châtiés, & leur tribut fut doublé. Vainqueur de tant d’ennémis,il ne put se vaincre lui-môme; il devint cruel envers son peuple, comme en-vers les rebelles; il lit assassiner, au milieu d’un feilin, lés neveux, fils d’u-ne de fes sœurs, qu’un Prince de Germanie avoit épousée. Sur le simple soup-çon d’un commerce criminel avec Broder , son fils du premier lit ^ il fit fou-ler aux pieds une Princesse Suédoise qu’il avoit épousée en secondes noces. (1)Ses freres accoururent pour la venger. Jarmeric leur fut livré par fes propressujets & il périt au milieu des supplices, qu’il avoit deílinés à son fils s’iì nése fut échappé.
Broder n’eut ni les talons, ni les vices de son père. Son régné fut unlong sommeil: les peuples subjugués «'affranchirent: les Suédois rentrerentdans la Scanie & dans la Hallaudie. Sitvald qui lui succéda, ne-fut pas plusactif : il fe renferma dans son palais, ignorant ' & la situation de son peuple& les entreprises de fes voisins. Enfin Snion parut, & effaça la honte desdeux règnes précédens. Lui seul avoit empêché les Danois de fé"soulevercontre Siwald. On pardonnent la lâcheté du pere en faveur de la bravouredu fils : il recouvra, l’épée k la main, les débris de la Monarchie & les réu-nit. Les factions furent étouffées par fa prudence, autant que par son cou-rage ; la plupart des provinces que la couronne avoit perdues furent recon-quises. Snion crut que tant d’exploîts le rendoient digne de la main de lafille du Roi de Gothie: il la fit demander & fut refusé: pour se venger &enlever la Princeffè, il soumet la Gothie, fe présente à la Princesse, qui sejette dans fes bras. Elle avoit été promise au Roi de Suede: ce rapt allumaune guerre cruelle; des milliers d’hommes furent immolés à l’amoureufe fo-lie de ces deux Princes. Snion ne s’étoit occupé que dc guerres: les artsutiles étoient ignorés ou négligés; l’agriculture languiiïòit; il n’y avoit pointde commerce : la piraterie même n’étoit pas en vigueur. Une famine affreusedésola le Dannemarck: on fut réduit à disputer l’herbe aux animaux, h n finon ne trouva d’autre parti à prendre dans cette calamité' que d’exiler une par-tie de la nation. On tira le sort; & ceux fur lesquels il tomba, «'enfuirentavec leurs familles. Ces bannis s’arrêterent d’abord dans Pille de Rugen: lafaim & les Suédois les en chafferent: enfin ils pafíèrent dans le continent,8t pénétrèrent jufqu’en Italie , où ils allerent fe réunir aux restes des an-ciens Cimbres. (2)
Ici commence dans Phistoire de Dannemarck une vaste lacune, où l’on
O) Supr. Tora. 42. p. 403. (2) Voyez notre Ilist- Ane. Tom. 13. p. <29. &c.
Toin. i 4 > P- 53. 89. &c. '