Sect. VU.
Jìíii. deDanne-
ma.vk ,
1559- ja-ques à nosjours.
17 62.17C4.
1765.Sédition enNorvege.
17 66 .Mort deFrédéric,
Proclan.a-tfon deChrist ier n
VIL
Le luxeJiroJcrit;ïa-gricuiturefreugte.
ììôj.
224 HISTOIRE DU ROYAUME
cher un asyle dans le Nord, devoir commander Tannée Danoise. La Courde Londres oiìroìt ia médiation pour arrêter le sang prêt à couler: enfin cesgrands différends furent terminés, avant que la guerre eût éclaté ; le calme sutrétabli, & le premier soin de Frédéric V fut de soulager les paysans d’unepartie de la taxe qu’ils payoient. Cec amour de la paix, qui animoit le Roi,s’étendoit à tout; la Religion même en reíFentoit la douce influence: onvit au milieu du Jiuhland s’élever une église Catholique, pour les Papistesqui s’y étoient établis.
Une sédition en Norvege allarma la Cour. On fit partir des troupes pourcontenir ces factieux, des commissaires pour écouter leurs plaintes, & leurrendre justice, soit en les punissant, soit en réformant les abus dont ils feplaignoient. Les juges mirent dans leur conduite un mélange de douceur &de iévérité, qui fit rentrer dans leur devoir les gens de bien qu’un momentde vertige avoit égarés, épouvanta les médians, & rendit Tautorité de Fré-déric , auffi chere aux uns, que redoutable aux autres. Ce Prince jouit peudu plaisir de voir revenir à lui des iujets, qu’il regardoit comme ses enfans:il mourut le 14 Janvier 1766, dans la quarante - deuxieme année de son âge.Jamais despote ne fit plus aimer le despotisme à un peuple esclave. On cé-lébra tous les ans dans un Jubilé le jour où la puissance absolue avoit étéremise dans les mains de Frédéric IV. Les Danois, dans ces fêtes, rendaientgrâces au Ciel de leur avoir donné des fers, & si quelque chose peut rendrecette flatterie excusable aux yeux d’un homme libre, c’est la bonté de Fré-déric V, fa tendresse pour son peuple, son amour pour la paix , son goûtpour les arts, son horreur pour tous les vices.
Après la mort de Frédéric, le Baron de Bernstorf, le plus ancien desMinistres, se présenta au peuple sur le balcon du château & cria trois fois:le Roi Frédéric F efì mort : ; vive longtemps le Roi Chriftiern VII! &trois fois le peuple répéta, vive longtemps le Roi Chriftiern VII! Ce Piincecommença son régné par une action que tous les Rois devroient imiter &répéter de temps en temps, & depuis plusieurs siécles usitée en Dannemarck;il alla siéger fur le tribunal de justice, entendit plaider une cause, & pronon-ça lui-même le jugement. U11 double mariage reste ria les alliances concluesavec T Angleterre & la Suede; Chrilliern porta d’abord son attention fur leluxe. Les habits en or & en argent furent prohibés dans le Duché de Sles-Wigh, dans celui de Holstein, dans le Comté de Ranczaw, la Seigneurie dePimxeberg & la ville d’Altena. En même temps qu’il faiíoit la guerre auluxe, Chrisiiern accordoit h Tagriculture la protection la plus étendue. II cédaaux cultivateurs, dans le bailliage de Copenhague, la propriété des métairiesqu’ils occupoient; dans d’autrcs domaines, il partagea tellement ses terres,que chaque paysan eût un champ entouré d'tin sosie. A Ion exemple la Reinedouairière SophieMagdelaine supprima les fermes dans le bailliage de Hirsch-holm , & en convertit les terres seigneuriales en biens affectés aux paysans.On vit bientôt combien Tcxemple des têtes couronnées est puislànr. Le Ba-ron de Bernstorf & plusieurs Seigneurs affranchirent les paysans des servicesqu’ils leur dévoient, restes de la barbarie féodale, qui n’étoit pas encore en-tierement abolie depuis Tétabliíïèment de la Milice. Le Roi & la Reine fu-rent couronnés Tannée suivante.
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