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HISTOIRE DE HOLLANDE
S2CT. I.títst. deHollande.Descrip-tion &c-
Provin-ce DEFris e.
Frisons.
Les Normans la détruisirent. Balden, Evêque d’Utrecht, qui avoir étéprécepteur de l’Empereur Othon 11 , en obtint des fonds pour la rebâtir.D’autres disent qu’Utrecht ne remonte pas à une si haute antiquité; que cet-te ville doit son origine aux nouveaux convertis que des missionnaires y ras-semblèrent. Cependant Utrecht cite en sa faveur, quantité de médailles &d’autres monumens du tems d’Agrippa, de Néron, de Trajan, des Antonins,d’Adrien, de Verus, qui prouvent qu’Utrecht florissoit dès ce tems-là. (1) Wil-lebrod a été son premier Evêque; le siégé fut érigé en archevêché en 1557.Utrecht fut rendu célébré par son Université. Cette ville a vu naître le Pa-pe Adrien VI.
La Frise est entre la mer d’Allemagne ou du Nord, la Province deGronin-gue & celle d’Over-yssc!: on la divise en Ofïergoo, Weftergoo , Sevenwoldenoc en Isles. De tous les peuples de ces contrées, les Frisons sont les seulsqui ont conservé leur pays & leur nom. Les uns font venir le nom de Fri-se de Frìefen - landen , pays de marécage ; les autres du mot Frye , libre.II y en a qui ont rêvé que la Frise a pris son nom de Frìfo , Prince Troyen,qui fuyant fa ville en cendres, traversa la mer sur une botte de paille: d’au-tres remontant moins haut, font de ce Frifo un des Capitaines d’Alexandre,qui, privé du partage des conquêtes, s’empara de la flotte des Macédoniens,courut les mers & se fixa dans ce pays. II étoit plus simple de faire déri-ver ce nom, du mot Fris , qui signifie fort, en langue Tudesque. Tacitedit que le nom des Frisons vient de leur force. (2) C’étoit un aíîèmblagede peuples du Nord, qui s’étoient établis entre l’Embs & le Rhin, & quidétendirent par leurs conquêtes. Dans la décadence de l’Empire, ils occu-poient depuis la Chersoneíe Cimbrique, jusques à l’Efcaut. (3) Dans lesVIII e & IX e . Siécles, la Frise comprenoit le pays d’Utrecht, la Hollande& la Zélande; elle s’étendoit dans la Feluwe, la Gueldre , le Harderwick ,Elburg, Campen , Zwol , Vollenhoven , Steenwick. Cet agrandiflèment ve-noit des peuples qui s’étoient unis aux Frisons pour leur défense commune.Les Frisons étoient braves, fiers, mais de mœurs simples, jaloux de leur li-berté, écartant les étrangers de leur pays, de crainte qu’ils n’y portassentla tyrannie. Dès qu’ils soupçonnoient quelqu’un, ils lui faisoient pronon-cer certains mots de leur langue, & s’il les prononçoit mal, ils le jettoientà la mer. (4)
Les Frisons d’abord gouvernés par des Rois, furent soumis par les Ro-mains, qui, suivant plusieurs inscriptions, (5) estimoient fort leur valeur.Soustraits au joug de l’Empire, ils fe choisirent des chefs, fous le titre deDucs. A la fin assujettie au tribut par Pépin & Charles-Martel, la Frise futréduite en Province par Charlemagne, qui lui donna des loix & un Gouver-neur fous le nom de Podestat. Les Comtes de Hollande ne pouvant assujet-tir la Frise par les armes, essayerent d’en séduire le Podestat Syardema, quirépondit fièrement qu’on ne reprocheroit jamais à fa postérité, de sortir d’untraître. On a une médaille portant d’un côté le nom & Feffigie de ce brave
CO Heda Becítn. Chr. Pontif. Traj. Guich. Descript. des Pays-bas. (ì) Tacir. demor. German. Frifiis vocabulum ex nodo vitium Z 4 - (z) Hiíl. gdn. des Prov. unies
T. 1. (4) Ubbo .Emm. ter. Fris. Decad. 1. L. 2. (5) Gratter inscript. fol. 600.
N. 32. Scriv. Tab. Ant. Bat.