HISTOIRE DE HOLLANDE
272
Sect. II. rems de fe retirer dans le château de Flevus, dont ils firent le siégé. Luciusllijì. anc. Appronius, qui commandoit dans la Germanie inférieure, vint au secoursHiie° l ~ d’Olenius: il envoya les Bataves & les Canninefates tourner les Frisons, qui
“ llte ‘ _ _s’étoient rendus maîtres des défilés formés par des marais entre le lac Flevus
& l’océan. A leur approche le siégé fut levé; mais les Frisons qui voyoientqu’Appronius ne pourroit faire passer les troupes que Tune après Tautre, lesLeur vie- attendirent, tomberent fur les premieres, qui, fe repliant fur celles qui ve-toíts. noient après, mirent tout en confusion. Neuf cens Romains furent massa-crés près du bois de Badhuenna; quatre cens autres qui s’étoient réfugiésdans une maison de campagne, fe donnèrent la mort, & les Bataves auroienttous été massacrés, si Cethegus Labéo, qui commandoit la sixième légion,ne les eût point dégagés. (1)
Tibere dissimula pour n’être point obligé de nommer un Proconsul desGaules: l’exemple de Drufus & de Germanicus lui faifoit craindre qu’unnouveau Général ne s’acquît la même gloire. L’Empereur aima mieux em-ployer fa politique à faire détruire les Germains par des haines mutuelles,queTibere des. p ar ] es armes des Romains. (2) Arminius & Maroboduus étoient ennemisCe! Joins irréconciliables ; le premier évitoit d’en venir aux mains, parce que, quoi-qu’il eût pour lui les plus honnêtes gens de la nation, son rival en avoir leplus grand nombre. Tibere détacha du dernier les Suenons & les Lombards;dès qu’il eut rendu la partie égale, les deux Princes ne tarderent pas de fedonner bataille. Elle fut sanglante, (z) L’aîle droite fut battue de part &d’autre; mais d’ailleurs l’avantage fut égal. Arminius demeura fur le champde bataille pour recommencer le lendemain ; Maroboduus pendant la nuit,gagna les hauteurs. Cette manœuvre découragea fes troupes; ses alliés l’a-bandonnerent; il fe retira chez les Marcomans & écrivit à Tibere pour récla-mer fa protection, comme allié des Romains. Mais fes prières furent vaines;il fit exciter par fes agens secrets Arminius à chasièr Maroboduus de la Ger-Marobo- manie. Cattenvalda, issu des anciens Rois des Cartes, que Maroboduus avoirduus battu autrefois chassé de son pays, profita de ces circonstances pour fe venger ;far Ami - ii entra f ur i es terres des Marcomans, débaucha les grands, & mit le feu aumvs ' château où le Roi s’étoit réfugié; il échappa aux flammes, (4) & seul
fans troupes, fans Etats, il gagna la Norique & fe retira en Italie, poursolliciter son rétablissement de l’Empereur. On lui répondit qu’il pouvoirrester en Italie ; qu’il y trouveroit une retraite sure, avec la liberté d’en sor-tir quand il le jugeroit à propos. On l’envoya à Ravenne, où ce Princetraîna pendant dix-huit ans qu’il vécut encore, des jours obscurs & fansgloire. Cattenvalda ne fut pas plus heureux; chassé de fa patrie par Vibi-Martd'Ar ^ us ’ ^ ^ retira chez les Romains, qui l’envoyerent à Frejus. Arminius eutminius. T ‘ une fin plus malheureuse. Tibere fit persuader aux Germains que ce Princeafpiroit à la tyrannie, & il périt par une conjuration domestique. Grand Gé-néral, libérateur de la Germanie, il gagna des batailles contre les Romains;il en perdit fans pouvoir être vaincu. (5) II mourut à lage de 37 ans. Lespeuples frappés de fes vertus, lui décernèrent l’honneur de l’apothéofe.
Après
CO 'l'acjt. Ann. L. IV. c. 73* (2) Idem. c. 74. (3) Idem. L. ii. c. 46.
Luet. in Tib. (4) Tac. Ann. L. u. c. 63. (5) Idem. c. 88.