Sect. II.Ifìfl. nnc.de Hol-lande.
Les Fri-Jons, lesSaxons &les Angles,vainqueursdes Pietés.
ì 9 o HISTOIRE D E HOLLANDE
cupés ne purent lui être d’aucune utilité: ce Prince eut recours aux Frisons.Hengist & Horsa, fils d’Odibalde Roi dc Frise, rastèmblerent des vaisseaux& lui menerent les jeunes gens les plus braves & les plus déterminés. 11sattaquèrent les Pistes & les battirent. 11s demanderent pour récompense,Piste de Tanut, dans laquelle ils avoient débarqué en arrivant. Vortigeness’estima trop heureux de les conserver à ce prix. Bientôt les Frisons se trou-vèrent trop resserrés dans cette isle : ils demanderent une plus vaste étenduede terres. Horsa revint dans la Frise; il fit à ses compatriotes le tableau leplus séduisant du pays des Brittes; il les entretint des moyens & de la faci-lité d’y faire des établiílèmens : de-là il paíïà chez les Saxons & chez lesAngles, (i) Tout ce qui étoit en état de porter les armes demanda à lesuivre. Horsa fit un choix & se mit à la tête d’une troupe plus brillante quela premiere, dont il chargea douze vaiílëaux.
La passion de Vortigenes pour les femmes ne lui avoit point échappé. Hen-gist avoit une fille dc la plus grande beauté: Horsa l’embarquaavec lui. .Ason arrivée dans Piste il trouva les Pistes & les Ecossois fous les armes &Vortigenes plus allarmé que jamais; Horsa tomba fur les ennemis avec íatroupe, en tua un grand nombre & força le reste à demander la paix. Vorti-genes ne pouvoir aílèz marquer fa reconnoistànce aux deux Princes: ils sebazardèrent à lui demander le pays appellé depuis le Northumberland & Pob-tinrent. Ils engagerent ce Prince à venir chez eux, ils lui donnerent desfêtes: à la fin du repas la fille d’PIengist, la belle Roëne, parut subitement,une coupe à la main, & la présenta modestement au Roi. Frappé de la beau-té de cette Princefie, Vortigenes la demanda à son pere: il eut donné tousses Etats pour obtenir fa main. Hengist se contenta à moins, & la lui donna:il attaqua les Pistes fur leurs foyers, dévasta leur isle, en tua un très grandnombre, & revint chargé de leurs dépouilles.
Roëne étoit adorée de son époux, & les Princes de Frise se íignaíoienttous les jours par quelque nouvelle victoire. Les Brittes étoient jaloux desFrisons. Vortumer, fils de Vortigenes, né d’un premier mariage, excita leclergé, fit déclarer nul celui de Roëne, & les Brittes animés par les prêtresélevèrent Vortumer au trône de son pere. Pressé par la nation entiere, Hen-gist se retira dans l’íste de Tanut & les Frisons furent obligés d’abandonnerla Grande - Bretagne. ( 2 ) Roëne ne perdit point courage, son esprit & sabeauté relevèrent le parti de son époux, qui fut rétabli sur le trône: Vortu-mer périt dans un combat. Hengist revint avec une flotte de trois cens vais-seaux » h la tête d’une armée redoutable de Frisons & de Saxons. Ils furentreçus par Vortigenes. Quelques historiens avancent que les Frisons tombè-rent fur lui; que la nobleílè, qui compostait fa fuite, en fe sacrifiant donnale tems à ce Prince, de fe sauver dans une tour, à laquelle ils mirent lefeu & qu’il y périt dans les flammes : les autres attribuent la mort de Vorti-genes aux Brittes même ; ce qui paroît plus vrai: ils ajoutent, que ce peuplejoint aux Bretons de l’Armorique , conduits par Aurele, leur Duc, vainquit
(O Witikind. Ann. L. I. Hist. anc. de Hollande part. I. Ubbo Emm. rer. Frif.. L.IU°C 2 ) tt'ss tzên. des Prov. Unies. T. 11. L. 2-