OU DES • PROVINCES UNIES, Lrv. XXXIII. Sect. II. 305
dé lui en faire hommage & de se faire baptiser: en attendant il eut pour sa Hijì. anc.résidence Wyck-te-Duurstede. Louis donna en même tems à Roruc & à de íío1 'Hemming, freres de Heriold, des fiefs considérables dans le Kennemerland; lalKÌe ‘Walcheren & pour retraite, en cas de descente , le Rustingerland fur le We- ~*
fer. La guerre fut déclarée dans Fafièmblée de Nimegue. (l) Les exilésqui avoient eu part à la conjuration de Bernard & que Louis avoit rappelles,ne tarderent pas de fe joindre aux Evêques, secrètement ennemis de FEm-pereur ; ils chercherent h brouiller le pere avec les enfans. II venoit d’épou-ser Judith, fille de Guelf de la maison de Bavière : elle avoit de ,l’amitié pour le jeune Bernard; ils firent regarder ces liaisons comme crimi-nelles. Louis avoit des remords du supplice auquel il avoit condamné Ber-nard, Roi d’Italie; les Evêques les fomentèrent & profitant de toutes cescirconstances, ils avilirent ce Prince. Frédéric, Evêque d’Utrecht, du sangdes anciens Rois de Frise, respectable par ses moeurs, -mais dangereux parson fanatisme, avoit détruit les restes du Paganisme chez les peuples de laZuidcrzée, & avoit aboli l’ufage des mariages des freres & des sœurs, qui L"Evêqueregnoit dans la Zélande. Louis l’encourageoit à détruire entierement ces d'Utrcchtalliances incestueuses; le Prélat outrant Famertume de son zele, osa lui direqu’il devoir fe réformer lui - même, avant de vouloir corriger les autres, &donner l’exemple en renvoyant Judith. (2) Cet Evêque fut le persécu-teur le plus acharné de cette Princesse, qui finit par Fimmoler à fa ven- Enejlpunùgeance. (3)
Les préparatifs que Louis faifoit contre les Danois, intimidèrent les Prin-ces, qui offrirent de partager la Couronne avec Heriold ; ils le reçurent avecamitié; mais lorfqu’ils surent que ce Roi, Thora fa femme, Godefroy &
Rodolphe ses fils, Hemming & Roruc fes freres, & toute leur fuite avoientreçu le baptême & qu’Anfchaire venoit prêcher FEvangile en Dannemarck,ils chassèrent Heriold & forcerent les François h repasser la mer. (4) LesPrinces Danois rejetteront cet événement fur Heriold même, qu’ils accuse- x arent de s’être attiré la haine du peuple. Louis, dont les troupes venoient ^Danois.detre battues en Catalogne, consentit à faire la paix avec les Danois : He-riold renonça au trône de Dannemarck & fe retira à Wyck-te-Duurstede.
La naislànce de Charles le Chauve, fils de l’Empereur & de Judith; l’ap-panage qu’il fallut faire à ce Prince aux dépens des Etats de fes freres; larévolte de Pépin & de Louis contre leur pere ; Fanimosité du Clergé contrePEmpereur, plongèrent ce Prince & l’Empire dans une infinité de maux.
Louis le Débonnaire, prisonnier de fes enfans rebelles, confiné dans uncouvent, dont les moines le traitoient indignement, (5) est enfin livré autribunal des Evêques, qui osent condamner leur Roi fur une accusation in-juste: juges & exécuteurs d’une sentence odieuse, ils le traînent au pied del’autel, le dépouillent, le fouettent, le jettent dans une cellule du monaste- Louis parre de St. Medard de Solfions, couvert d’un sac de pénitent, fans domesti- ls clergé.quex, fans aucune marque de royauté, mort pour le reste du monde. (6) II
(1) àn. Venin. Ann. Fuld. ad ann. 326. (2) Beka Hist- Pontif. Vita Fred. Epise.
Traject. (3) Ubbo Emm. rer. Fris. L. IV. ìleg. ad ann. 838. _ (4) Ann, Bénin,
ad ann. 827. (5) Theg. vit. Lud. Pii. c. 36. Nithard L. 1. Airnon. L. V. c. 12.
(6) Agobard L. 11. Volt. Essai sur f esprit & les mœurs des nations, ch, 23.
Tome XLIII. Q q