OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. II. 317
essaya de chaíïèr les François, mais il fe vie forcé de céder la Basse Lorraineà Charles, (r) Henri Duc de Saxe, parvenu au trône d’Allemagne par lagénérosité de Conrad, ion rival, voulue l’enlever à Charles. Haganon, mi-nistre du Roi & son favori, fe servie de la rivalité de quelques Seigneurs en-vers Henri, pour les engager à favoriser ion maître, & à porter ces deuxPrinces à un accommodement: on ménagea une entrevue & la Basic Lorrai-ne resta aux François. Charles, vainqueur de Robert, fe vit bientôt aban-donné des liens. Alors il implora le íccours de Henri, & des Seigneurs desPays-bas. C’est a cette époque qu’on rapporte la confirmation que Charlesfit à Théodorie, des terres qu’il avoit héritées de Gerlof, en y joignantles biens domaniaux qui sonnèrent le Comté de Hollande. Cette Souve-raineté fut rendue héréditaire fur la tête de Théodorie ; car elle étoit dans fafamille depuis 861, que Charles le Chauve avoit nommé Thierry Comte deHollande. (2)
Les partages de la succession de Charlemagne entre les Princes de fa race,la foibleíle de ses successeurs, les gouvernemens des provinces rendus héré-ditaires & devenus ensuite des propriétés confirmées par le Souverain même,furent les sources & Porigine de cette foule de petits Etats, ou Souveraine-tés. II feroit difficile de démêler dans ce désordre où les ravages des peu-ples du Nord jetterent les diverses parties de l’Empire de Charlemagne,comment fe forma la souveraineté de chacun des pays dont nous écrivons' l'histoire: tout ce qu’on peut assurer, est qu’il y avoit plusieurs Seigneurs enHollande, & que la plupart des Seigneuries furent réunies fur la tête d’unseul. Le défaut de monumens a produit une grande diversité d’opinions au•sujet de cette union. Les uns prétendent que Charles le Chauve ne fit qu’unl'eul Etat de différens Comtés de Hollande; (3) les autres attribuent cetteréunion à Charles le Simple; d’autres croient que lors de Pinvalìon des Pays-bas par les Norman s ou Danois, chacun des petits gouverneurs étant tropfoible pour leur résister, la íureté commune exigea qu’ils fe réunifient toussous le commandement d’un ícul. Mais dans quel te m s formerent - ils cetteconfédération? C’est ce qu’il est bien difficile de découvrir: ce n'étoit assuré-ment pas du tems de Godefroy, puifqu’il eut pour Ambassadeur auprès deCharles le Gras ou le Gros, le Comte Gerlof même. On ajoute que la No-blesse périssant dans la guerre contre les barbares, le chef de ces différensSeigneurs accroissoit fa Seigneurie ou Comté, de celles qui vaquoietit, &qu’enfin lorfqu’il eut réuni plusieurs de ces Comtés au sien, il fe trouva à latête d’un assez grand nombre de sujets pour pouvoir secouer le joug du Sou-verain même, & que c’est ainsi que Théodorie fit confirmer son indépendan-ce pav Charles le Simple.
La famille de Théodorie a été auíli un sujet de contestation. (4) Selonles uns il étoit fils de Sigebert Duc d’Aquitaine, & de Gesse fille de Pépin,Roid’Icalie: les autres lui donnent pour ayeul, Théodorie qui conquit laFrise au tems de Charlemagne; & la troisième opinion, qui paroît la mieux
(t) Chr. S Gail. ad ann. 912, 913. Luitprand L. 1. c. 7. Ann. Sax. ad ana. 916.(2) Liez. Hist. de I'rance : Charles le CÌiauve. (Z) Ann. Fgmond ad ann. 863. Meyer'Ann.Flaud. (4) M:yer ibid. Hist. gén. des Provinces Unies T. 3 - L. V.
Rr 3
Hijt. an c,de Hol-lande.
Cale le trô-ne à HenriDuc deSaxe.
921.
Comté deHollanderendu héré-ditaire.
Variété d'o -pliions furle Comté deHollande.