OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. III. 379
à les faire arrêter fur un simple soupçon ; mais quelque rems après il alla ren- ffist. dedre fa visite au Duc de Gueldres, qui lui répéta les mêmes propos & lui Hollande,avoua que si la paix avoit encore tardé à íè faire, il feroit actuellement à faCour, non seulement en qualité d’ami, mais encore de prisonnier. Le Com- ConMra•te fit enlever le vieux d’Arkel. (i) On le preíîa de découvrir cette trame: il tion ‘e antrefut longtems muet; mais dès qu’on l’eut menacé de la torture, il avoua Guillaume.qu’Egmond & son frere avoient comploté de le livrer au Duc. Le Comtedissimula & remit fa vengeance à un autre rems. L’alliance qu’il avoit con- Mariage detraitée avec la France, en arrêtant le mariage de Jacqueline, fa fille unique , Jacquelineavec Jean Duc de Touraine, second fils de Charles l’infenfé, lui' faifoit pren-dre le plus grand intérêt aux affaires de ce Royaume, livré aux factions, ^ ° ura “'déchiré par Fambition du Duc de Bourgogne & plongé dans Fanarchie, de-puis Paíìaísinat du Duc d’Orléans. (2) Envain étoit-il venu à bout de faire.accepter aux partis opposés, un accommodement que leur haine mutuelleleur fit rompre prefqu’auísitôt. Le Comte étoit lié avec le Duc de Bour-gogne. Les Hollandois & les Zélandois favorisèrent la descente des An-glois en France.
Quoique Jean d’Egmond eût obtenu un sauf-conduit pour venir fe justi-fier, il n’ofa point comparoître, & le Conseil le déclara convaincu du crime Comiamnr-de haute trahison, le condamna h perdre la tête, & ses biens furent confis à àqués : il fe réfugia avec son frere dans le château d’Ysièlstein : le Comte Fas- d E S mond 'siégea & accorda aux prières de quelques Seigneurs, de permettre aux 'd”Egmond d’en sortir, mais à condition qu’ils ne reparoîtroient plus dansle pays, fans la permission du Comte, & qu’ils lui abandonneraient la ville& le château d’Ysselstein. Le Comte s’obligea de payer fur les revenus desbiens confisqués, deux mille vieux Schilden à Jean, six cens couronnes àson frere & huit cens à Yolande leur raere. (3) Le vieux Comte d’Arkelobtint fa liberté, quelques années après.
Le bruit fe répandit dans Utrecht, que la faction de Lichtenberg avoitvendu la ville à Guillaume, moyennant une somme considérable; le peuple Tsoulevé ayant h sa tête Herman de Lockhorst, Doyen du Chapitre, entou- d'Utrìchira Fhôtel de ville, & demanda qu’on changeât le Magistrat : on s’assembla &
Jacques de Lichtenberg,Prévôt de St. Pierre,Jean de Lichtenberg; le Bailli,le Bourguemestre & quelques autres furent bannis. (4) Ils fe retirerent fousla protection du Comte. Tout commerce entre les Hollandois & les Trajec-tins fut interrompu. Ceux-ci s’éleverent contre le nouveau gouvernement; dppaìsèsle parti de Lichtenberg reprit le dessus ; les exilés eurent la permission de re- î iar Guil -venir. Guillaume appellé à Utrecht termina ces querelles, en bannillànt à laUme .perpétuité les chefs de ces rebelles. (5) Mais dans le tems qu’il pacifioit Tj*fc(r onS•ces troubles, les Frisons surprirent Staveren, la feule ville que les Hollan- surprennentdois eussent conservée dans la Frise, & en chassèrent la garnison. Guillaume Staveren.trop occupé ailleurs , dissimula cette insulte & renouvella la trêve avecles Frisons. (6)
(1) Voss. Ann. Holl, L. XV. Petit Chron. de IIoîl. T. I. L, Z. (2) Monstrelet •
Vol. í. eh. Z 6 . (Z) Joann. à Leid* H. XXXII. ,c. 22. (4) Math. de nobilit»
L. II. Act. Ultraj. (Q Buimau Ann. Ultraj. part. I. Math. de jur. glad c V.
(6) Ubbo Fnnm rer. Fris, L. XVII.
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