HISTOIRE DE HOLLANDE
386
Sect. III. cluc une crevs & paíla en Angleterre, II avoir confié Jacqueline aux habituastìifl. de de Vergues, qui avoient promis de la défendre jusques à la derniere goutteà ieur sang. Les Brabançons violèrent la treve & prirent Valenciennes,
9 ' _! Condé, Soignes & Bouchain. La Comtesse douairière proposa une entrevue
à Philippe, & offrit de mettre Jacqueline & le Hainaut fous fa garde, jus-ques à la décision du Pape. Jacqueline réfuta de signer ce traité : alors lesLis haU- habitans de Vergues, pour ne pas s’expofer à la vengeance de Philippe, at-tansdeBer- taquerent les Anglois & les châtièrent. Jacqueline écrivit fa situation à Glo-gués H- ceíler; mais Philippe ayant intercepté fa lettre, somma îa ville de VerguesIf' de lui remettre la Princesse & les perfides habitans rf hésitèrent point. Ce
'ÀuSyiïlS eî _ « , ^ A
Philippe. Prince la fit conduire a Gand. (1)
Le Duc de Bavière follicitoit Philippe d’envoyer Jacqueline en Hollande,fous la garde des Cabeliaux. Merwede apprit ce complot & résolut de déli-vrer la Princesiè;il y employa deux Gentilshommes, qui partirent avec peu defuite, vinrent la trouver ot lui donnerent un habit d’homme. Dans le teins queses gardes foupoient, elle s’échappa, alla joindre dans le village prochain desElle s'é- chevaux qui l’attendoient, pafïà à Anvers, & Merwede la conduisit au Sei-ckipps. gneur de Vianen, qui la mena à Oudewater, à Schoonhoven & à Gouda:
ces villes la reçurent avec des transports de joie. (2) Les Kennemers, Mont-foort & les Trajectins se déclarèrent pour elle. Les Hoekins attaquèrentle château de Schoonhoven, où les Cabeliaux s’étoient réfugiés; ils furentforcés de se rendre ; on leur conserva la vie & la liberté, excepté à ArnouldBeiling, qui fut condamné h être enterré vif, & qui ayant demandé unTraître- mois pour aller mettre ordre à ses affaires, avec promesse de revenir à l’ex-maiquibls. piration de ce terme pour subir son supplice, sut aussi exact & aussi fermeque Regulus. II revint, & fut exécuté hors des murs de la ville.
1425. Le Duc de Bavière mourut le 6 de Janvier 1425. On accusa Jean deLe Duc de Woerden, l’un de ses plus intimes amis, de savoir empoisonné. Le Duc,Bavkre f ur so soupçon & fur saveu de saccusé, le fit louper par quartiers, qui furenttfismnP' exposés aux quatre coins de la Hollande; ce qui n'empêcha pas qu’on nef J ' soupçonnât Marguerite Comtesiè douairière d’avoir commis ce crime, dontil paroît qu’on n’a jamais connu les véritables auteurs. (3) Jean de Bavièreen mourant, céda ses droits au Duc de Bourgogne, qui néanmoins ne pritque le titre d’héritier présomptif & fe fit confirmer celui de Ruward de Hol-lande. (4) Les Cabeliaux reconnurent le Duc de Brabant, Comte de Hol-Le Duc de lande & regardèrent Jacqueline comme déchue de ses droits : il confirma lesBourgogne privilèges des villes, fixa la résidence à la Haye, & nomma Jacques de Gaas-wxrT & U ’ beck, son Lieutenant général ou Stadhouder, & s’en retourna en Brabant.le Duc de (5). Philippe prit posièísion de la dignité de Ruward. Le Stadhouder assié-Brabant g ea Schoonhoven, & ne put l’enlever au brave Kyfhoek ; ils convinrentComte de àilement d’une suspension d’armes. Jacqueline étoit à Gouda, qu’elle avoitMollah e. rouvert par une inondation. Les Cabeliaux s’avancerent du côté du Rhin ;
elle assembla ses troupes, les anima par ses discours & quoique fort inférieu-
(1) Monflrel. ubi fupr, (2) Divíci. rer. Brab. Voss. Ann. Holl. L. XIV. Petit Chroti.de Holl. T. II. L. III. (z) Grand Rec. de placards. T, III. (4) Scriv. Descrip.de liarl. Boxhorn fur Regim. Part. II. (5) Grand Giron. Divis. XXXVIII. c. 27.