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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Lîv. XXXIII. Sect. VI. 547

que personne paisse prouver le contraire, que, comme lbonneur seul & la-mour de la gloire me faisoient agir, aussi nen ai-je retiré dautres fruits queihonneur & la gloire. Quon consulte les livres de la chambre des comptes,& lon verra que je nai reçu aucune récompense pécuniaire des services quejai rendus. Je fuis même en état de prouver que les dépenses indispensablesque jai faites, comme général, & dans mon ambassade dAllemagne, joint hce que ma coûté lhonneur que me fit le Roi,loríquà son avènement au trô-ne il me chargea de tenir une table ouverte pour îa Noblesse, ont monté àquinze cens mille florins. Pour me dédommager de cette dépense énorme,qua sait Philippe, qui maccuse aujourdhui dingratitude? Javois, avec lapermission de lEmpeieur, porté devant la cour souveraine de Malines lesjustes prétentions que javois à la seigneurie du château de Bellin : les conseil-lers avoient donné leur avis, il métoit favorable, & le jour même quilsaîloient prononcer larrêt en ma faveur, ce Roi, qui venoit de faire fermentde nous gouverner selon nos loix fondamentales, au mépris de ces mêmesloix, usa de son pouvoir arbitraire, défendit aux juges de passer outre; &depuis ce moment la liberté de me faire justice ne leur a point été rendue. Après ce que je viens de dire, pourra- 1 -on regarder les gouvernemensqui mavoient été donnés, comme une récompense -trop forte des servicesque javois rendus, & comme une compensation trop grande des dépensesextraordinaires quils mavoient occasionnées? Si le Roi meut laissé ces gou-vernemens , il pourroit avoir quelque raison de men faire un reproche, quoi-que dans le vrai je ne lui en duíîe aucune reconnoisiànce, puisque lEmpe-reur , avant son départ pour lEspagne , avoit décidé quils me seroiencconférés. Mais puisque mon accusateur a fait tout ce quil a pu pour mendépouiller; puisquil ma enlevé ma fortune, autant quil a été en son pou-voir, & quil a depuis fait conduire mon flls'en Espagne, ce qui a été uneviolation manifeste des privilèges des Provinces des Pays-bas, quil avoit juréde maintenir dans toute leur intégrité ; & cela par ce que je nai pas voulu êtrelinstrument de fa tyrannie, comment oíe-t-il maccuser dingratitude? 11 nestpas mieux fondé à vouloir maccufer davoir manqué h lobéiOapce que jelui devois comme à mon souverain. Je me suis soustrait, il est vrai, à cetteobéiílànce; jai méconnu son autorité: mais quai-je fait en cela que suivrelexemple de lArchiduc Albert, auteur de fa famille, qui se révolta contrelEmpereur Adolphe de Nassau? Dailleurs, ne puis-je pas demander àmon accusateur à quel titre il poíïède la Castille? Son prédécesseur, Henride Castille, qui étoit bâtard, ne se révolta-t-il pas contre son légitimesouverain? II dira peut-être que Don Pedre étoit un tyran, & quà causede sa tyrannie il suc légitimement détrôné & mis à mort. Et pourquoi nedirai-je pas la même chose pour excuser le parti que jai pris? Car qui peutnier que la conduite de Philippe nait été celle dun tyran? Quon mette enparallèle les cruautés de Don Pedre & celles quont exercé le Duc dAlbe& ses partisans; & lon verra si celles du premier ont été plus atroces, pl usrévoltantes que celles du second, Dailleurs, cómme Roi dEspagne, je nedevois aucune obéiílànce à Philippe; ce nétoit que comme Duc de Brabantque je pouvois respecter son autorité, pareeque je suis un des principauxmembres des états de ce pays, à cause des baronies que jy possede A- 1 -il

Zzz a

Hi(l. de

Hollande.

1555 - 1567 .