OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. VI. 549
soit à ses sujets, & ses sujets à lui ; & en se faisant dispenser par le Pape de mst. detenir à ses sujets ce qu’il leur avoit promis, ii m’a en même tems, en mon Hollande,particulier, & tous ses autres sujets en général, dégagé de l’obligation que *555-<567.nous avions prises envers lui de lui obéir. C’eíi une puérilité de dire qu’aumoyen de cette dispense, il est exempt seul de tenir sa promesse, parce quenous, qui n'avons pas été dispensés, de même que lui, de tenir la nôtre,sommes encore liés h son égard, comme nous Pétions auparavant. Du mo-ment qu’il se considéré Iui-même comme affranchi de son engagement, dequelque maniéré que, son obligation soit dissoute, la condition sur laquelleportoit notre promesse est anéantie. 11 est donc dès - lors absurde de nousaccuser d’infidélité à son égard.”
„ Dans l’édit de proscription on m’accuse d’avoír été Pauteur de tous lestroubles qui font arrivés. Ceux d’entre vous., Messieurs, qui ont a fiez vécupour se ressouvenir de Porigine de ces troubles, connoissent combien cetteimputation est saustè; mais, comme parmi vous il y en a plusieurs qui fonttrop jeunes pour avoir une connoisiànce exacte des véritables causes de cestroubles, je me crois obligé d’entrer dans quelques détails sur les choses quifont 6 grossièrement déguisées dans cette infâme proscription. ”
„ Toutes les personnes instruites de la conduite qu’a tenu mon accusateurdans les autres parties de ses domaines, qui connoisiènt les cruautés qu’il aexercées dans le royaume de Grenade, dans le Mexique & au Pérou, pour-ront facilement attribuer au caractère cruel de ce Prince , les calamités dontles peuples'des Pays-bas ont été accablés. Dès le commencement de sonrégné, son goût pour le despotisme se manifesta; l’Empereur, son pere,s’en apperçut & en fut affligé: en présence du Comte de Bossut, de moi*même, & de plusieurs autres, il exhorta son fils h traiter ses sujets Flamansavec plus de modération ; il lui prédit même que si Porgueil & Parrogancede í'es conseillers Espagnols n’étoient pas réprimés de bonne heure, ses su-jets des Pays-bas ne tarderaient point à se révolter. Ce conseil ne produisitpoint Peffet que l’Empereur se proposoit: son fils n’écouta que les conseilsdes Espagnols; il se livra plus que jamais à fa passion pour le pouvoir arbi-traire, & résolut, dès ce moment, contre son intérêt, qu’il consulta peu,
& contre son serment, de détruire notre constitution. Lorsque nous luiaccordâmes un subside qui devoir durer neuf ans, ce fut à la condition quece feraient les commissures que nous nommerions, qui en recevraient leproduit & en feroient l’empîoi. En exigeant cette condition, nous excitâ-mes en lui & en ses conseillers un sentiment de haine, que le tems & lescirconstances n’ont pu affaiblir. Je m’en souviens très-bien. Jetois présentlorsque ces conseillers , qui connoissoient les dispositions de leur maître, luiconfeillerenc de prendre des mesures pour faire périr tous ceux qui a voientembrassé la Réforme. Ce fut par hasard que je vins à savoir ensuite que cebarbare conseil avoit été adopté par Philippe. C’est de la bouche mêmedu Roi de France que j’appris, lorsque je résidais à sa cour comme ôta^e,qu’un plan avoit été concerté avec le Duc d’Albe, pour extirper de & laFrance & des Pays -bas tous ceux qu’on soupçonnait d’avoir des dispositionsfavorables pour la religion Réformée. . Je cachai au monarque Françoisl’ignorance où j’écois de ce qui se tramait, & encore avec plus de soin fin*
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