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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. VI. 549

soit à ses sujets, & ses sujets à lui ; & en se faisant dispenser par le Pape de mst. detenir à ses sujets ce quil leur avoit promis, ii ma en même tems, en mon Hollande,particulier, & tous ses autres sujets en général, dégagé de lobligation que *555-<567.nous avions prises envers lui de lui obéir. Ceíi une puérilité de dire quaumoyen de cette dispense, il est exempt seul de tenir sa promesse, parce quenous, qui n'avons pas été dispensés, de même que lui, de tenir la nôtre,sommes encore liés h son égard, comme nous Pétions auparavant. Du mo-ment quil se considéré Iui-même comme affranchi de son engagement, dequelque maniéré que, son obligation soit dissoute, la condition sur laquelleportoit notre promesse est anéantie. 11 est donc dès - lors absurde de nousaccuser dinfidélité à son égard.

Dans lédit de proscription on maccuse davoír été Pauteur de tous lestroubles qui font arrivés. Ceux dentre vous., Messieurs, qui ont a fiez vécupour se ressouvenir de Porigine de ces troubles, connoissent combien cetteimputation est saustè; mais, comme parmi vous il y en a plusieurs qui fonttrop jeunes pour avoir une connoisiànce exacte des véritables causes de cestroubles, je me crois obligé dentrer dans quelques détails sur les choses quifont 6 grossièrement déguisées dans cette infâme proscription.

Toutes les personnes instruites de la conduite qua tenu mon accusateurdans les autres parties de ses domaines, qui connoisiènt les cruautés quil aexercées dans le royaume de Grenade, dans le Mexique & au Pérou, pour-ront facilement attribuer au caractère cruel de ce Prince , les calamités dontles peuples'des Pays-bas ont été accablés. Dès le commencement de sonrégné, son goût pour le despotisme se manifesta; lEmpereur, son pere,sen apperçut & en fut affligé: en présence du Comte de Bossut, de moi*même, & de plusieurs autres, il exhorta son fils h traiter ses sujets Flamansavec plus de modération ; il lui prédit même que si Porgueil & Parrogancede í'es conseillers Espagnols nétoient pas réprimés de bonne heure, ses su-jets des Pays-bas ne tarderaient point à se révolter. Ce conseil ne produisitpoint Peffet que lEmpereur se proposoit: son fils nécouta que les conseilsdes Espagnols; il se livra plus que jamais à fa passion pour le pouvoir arbi-traire, & résolut, dès ce moment, contre son intérêt, quil consulta peu,

& contre son serment, de détruire notre constitution. Lorsque nous luiaccordâmes un subside qui devoir durer neuf ans, ce fut à la condition quece feraient les commissures que nous nommerions, qui en recevraient leproduit & en feroient lempîoi. En exigeant cette condition, nous excitâ-mes en lui & en ses conseillers un sentiment de haine, que le tems & lescirconstances nont pu affaiblir. Je men souviens très-bien. Jetois présentlorsque ces conseillers , qui connoissoient les dispositions de leur maître, luiconfeillerenc de prendre des mesures pour faire périr tous ceux qui a voientembrassé la Réforme. Ce fut par hasard que je vins à savoir ensuite que cebarbare conseil avoit été adopté par Philippe. Cest de la bouche mêmedu Roi de France que jappris, lorsque je résidais à sa cour comme ôta^e,quun plan avoit été concerté avec le Duc dAlbe, pour extirper de & laFrance & des Pays -bas tous ceux quon soupçonnait davoir des dispositionsfavorables pour la religion Réformée. . Je cachai au monarque Françoislignorance jécois de ce qui se tramait, & encore avec plus de soin fin*

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