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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. ,Sect. VI. 551

entraîna, loin de les approuver, jufai de couse mon autorité pour les ré-primer v je sis même punir les coupables avec sévérité, au point même queje sus très-cruellement calomnié par quelques Proteílans, qui me reprochoiencla rigueur donc javois usé à légard de ceux qui avoienc commis ces excès.

Jefpere que lon me pardonnera dobferver, quil y a dans la proscrip-tion une circonstance qui me ílacce & me lait même grand plaisir, malgré laméchanceté & lachamemenc de mon acculàceur, malgré son mépris pour lavérité , il est un crime, dont les gouverneurs des provinces font souvent ac-cusés, quil na pas osé m imputer; je parle du crime de malversation, quelavarice fait quelquefois commettre, pour sapproprier une partie des denierspublics. Jai, à la vérité, été accuse de ce vice méprisable par quelquespersonnes obscures, qui ont fait circuler dans le public des libelles infâmescontre moi, mais quaucun deux na osé avouer. Le silence que garde lepius invétéré & le plus implacable de mes ennemis, suffit seul pour me justi-fier de cette imputation: dailleurs, je ne crois point avoir besoin vis-à-visde vous, Meilleurs, de faire mon apologie sur une accusation aussi ridicule.Je remercie Dieu davoir appris de bonne heure de quelle conséquence ilétoit pour tous ceux qui ont quelque part au gouvernement dun peuple libre,non feulement de se conserver exempts de toute espece dinjustice, maisencore de toute espece de soupçon. Vous nignorez point, Messieurs, quejai toujours refusé constamment de me charger du maniement des denierspublics, & que, dès le commencement de mon administration, -jai laissé àdautres le foin de les distribuer & de les employer.

On maccufe encore dans la proscription davoir préparé de longue mainmon retour dans la Hollande, en entreprenant de défendre le peuple contrelimposition du vingtième denier que le Duc dAlbe, dit-on, avoit imposésans le consentement du Roi. On maccuse aussi dy avoir persécuté & denavoir chassé les Catholiques. II ny a aucune espece de vérité dans toutesces assortions: je puis prouver que jai été prié instamment par les gouver-neurs des villes & même par les habitans de ces villes de venir à leur se-cours, pour les délivrer de la tyrannie Espagnole; les lettres que je puismontrer, en fournissent la preuve. En me rendant à leur invitation, je naifait que ce que mon devoir exigeoic de moi; jai tâché de délivrer de les-clavage les provinces qui avoient mis en moi leur confiance; javois juréde maintenir la liberté de ces provinces; & le Roi, fans le consentementdes états, navoit pas le pouvoir de môter le droit de les gouverner.

Mais, ce qui me surprend le plus, cest que mon accusateur ait osémimputer davoir voulu persécuter. II est impossible que les Catholiques-Romains refusent de témoigner en ma faveur contre la fausseté dune impu-tation aussi injurieuse; il ny a personne dans les Pays-bas qui ignore que,loin demployer la rigueur, je nai rien épargné & que jai même fait toutce qui étoit en mon pouvoir pour quon traitât les Catholiques-Romains avecdouceur. Mon accusateur luí-même semble en convenir, lorsquil dit quejai feint de voir avec déplaisir quon persécutât les Catholiques. Mais, com-ment fait-il que le déplaisir que jai fait paroître de la persécution ques-suyoient les Catholiques, fut feint? Mes actions nont jamais été cachées:pourquoi ne juge-t-il pas de mon intention daprès elles ? Personne na moins

Hist. de

Hollande.

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