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43 (1782) La continuation de l'histoire du royaume de Suède, l'histoire des royaumes de Dannemarck et de Norvège et les six premières sections de l'histoire de Hollande ou des Provinces Unies
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OU DES PROVINCES UNIES, Lrv. XXXIII. Sect. VI. 553

qui laisse impunie une action aussi atroce que celle (savoir établi un impôt ui!ì. d©contre la volonté de son Souverain, dont les suites ont causé le s plus affreu- Hollande,ses calamités à ses sujets des Pays-bas? Non seulement Philippe ne sen a r 555- »56Apas puni, mais il la reçu à bras ouverts & l'a comblé dhonneurs. Com-ment, après une telle conduite, ose-t-il parler le langage dun bon Roi &vanter son affection pour .ses peuples 1 "

Le Prince dOrange entre ensuite dans k détail des choses qui font ouseront rapportées dans cette Histoire & c est pour éviter des répétitions ,qu'avec Mr. IVatfon , nous pastòns aux reproches que lui fait le Roi de sonmariage avec la fille du Duc de Montpenster. Mon accusateur, continuele Prince dOrange, non content de vouloir noircir ma réputation & merendre odieux à lunivers, tâche de donner auffi atteinte à lhonneur de mafemme, & il dit que jai épousé dune maniéré scandaleuse une religieuseconsacrée à Dieu par la main dun évêque, & cela au mépris des loix duChristianisme & de léglise Romaine, & tandis que mon mariage avec uneautre femme subíïstoit. Quand cette aííèrdon seroit vraie, convient-elledans la bouche dun Roi incestueux & adultéré? Mais vous savez, Messieurs,íi cette assertion a quelques fondemens. Mon mariage avec ma premierefemme, qui est morte présentement, ne subsistoìt plus alors, & le divorcequi men avoit séparé, avoir été approuvé par les docteurs mêmes de légliseRomaine & par les illustres Princes auxquels elle appartenoit. Ma femme,quand je lai épousée, nétoit pas selon les réglés même de cette égliíè unereligieuse, comme le dit mon accusateur. Le Duc de Montpeníìer, monbeau-pere, étoit sincèrement attaché à la communion de Rome, non parintérêt, comme un cardinal de Granvelle & dautres ministres Espagnols,mais par principe & par conviction ; il népargna rien pour mettre la légiti-mité du mariage de fa fille à couvert de tous doutes & contestations; il con-sulta les principaux membres du parlement de Paris, nombre dévêques &de théologiens, qui cous furent davis unanime que les vœux de célibat,quavoit fait ma femme, étoient nuls, vu fa grande jeunesse; que ces vœuxétoient contraires aux réglés de léglise gallicane, à la jurisprudence des tri-bunaux de France, & même aux canons du concile de Trente, pour lequelmes adversaires ont une soumission sans bornes: il trouva aussi que dans laréalité fa fille navoit point fait de pareils vœux, quelle avoit protesté publi-quement navoir jamais eu intention de les faire, & que, dans son absencemême, 011 en avoit fourni des preuves incontestables.

Mais, quand bien même mon mariage ne seroit point légitime suivantle s principes de Rome, de quel front mon accusateur oseroit-il men faireun reproche? A- 1 -il oublié cette maxime triviale que, pour avoir le droitdaccuser un autre , il faut être bien sûr de ne pouvoir être soi - même accu- ? Ne saie-il pas que je puis lui reprocher dêere lépoux de fa propreniece? II dira fans doute que le Pape le lui a permis: mais le pouvoir duPape a-t-il plus de force que la nature, qui se soulevé contre toute allianceincestueuse ? Dailleurs, nest - il pas vrai, que pour parvenir à ce mariageil a fallu qiíil fît mourir fa premiere femme ^ cette femme dant il avoit desenfans, cette femme, fille & sœur de Rois de France? Je navance pontce fait témérairement ; ce nest point par restèneiment que je le lui re-

Tome XLIII. Aaaa