OU DES PROVINCES UNIES, Lrv. XXXIII. Sect. VI. 553
qui laisse impunie une action aussi atroce que celle (savoir établi un impôt ui!ì. d©contre la volonté de son Souverain, dont les suites ont causé le s plus affreu- Hollande,ses calamités à ses sujets des Pays-bas? Non seulement Philippe ne sen a r 555- »56Apas puni, mais il l’a reçu à bras ouverts & l'a comblé d’honneurs. Com-ment, après une telle conduite, ose-t-il parler le langage d’un bon Roi &vanter son affection pour .ses peuples 1 "
Le Prince d’Orange entre ensuite dans k détail des choses qui font ouseront rapportées dans cette Histoire & c est pour éviter des répétitions ,qu'avec Mr. IVatfon , nous pastòns aux reproches que lui fait le Roi de sonmariage avec la fille du Duc de Montpenster. „ Mon accusateur, continuele Prince d’Orange, non content de vouloir noircir ma réputation & merendre odieux à l’univers, tâche de donner auffi atteinte à l’honneur de mafemme, & il dit que j’ai épousé d’une maniéré scandaleuse une religieuseconsacrée à Dieu par la main d’un évêque, & cela au mépris des loix duChristianisme & de l’église Romaine, & tandis que mon mariage avec uneautre femme subíïstoit. Quand cette aííèrdon seroit vraie, convient-elledans la bouche d’un Roi incestueux & adultéré? Mais vous savez, Messieurs,íi cette assertion a quelques fondemens. Mon mariage avec ma premierefemme, qui est morte présentement, ne subsistoìt plus alors, & le divorcequi m’en avoit séparé, avoir été approuvé par les docteurs mêmes de l’égliseRomaine & par les illustres Princes auxquels elle appartenoit. Ma femme,quand je l’ai épousée, n’étoit pas selon les réglés même de cette égliíè unereligieuse, comme le dit mon accusateur. Le Duc de Montpeníìer, monbeau-pere, étoit sincèrement attaché à la communion de Rome, non parintérêt, comme un cardinal de Granvelle & d’autres ministres Espagnols,mais par principe & par conviction ; il n’épargna rien pour mettre la légiti-mité du mariage de fa fille à couvert de tous doutes & contestations; il con-sulta les principaux membres du parlement de Paris, nombre d’évêques &de théologiens, qui cous furent d’avis unanime que les vœux de célibat,qu’avoit fait ma femme, étoient nuls, vu fa grande jeunesse; que ces vœuxétoient contraires aux réglés de l’église gallicane, à la jurisprudence des tri-bunaux de France, & même aux canons du concile de Trente, pour lequelmes adversaires ont une soumission sans bornes: il trouva aussi que dans laréalité fa fille n’avoit point fait de pareils vœux, qu’elle avoit protesté publi-quement n’avoir jamais eu intention de les faire, & que, dans son absencemême, 011 en avoit fourni des preuves incontestables. ”
„ Mais, quand bien même mon mariage ne seroit point légitime suivantle s principes de Rome, de quel front mon accusateur oseroit-il m’en faireun reproche? A- 1 -il oublié cette maxime triviale que, pour avoir le droitd’accuser un autre , il faut être bien sûr de ne pouvoir être soi - même accu-sé ? Ne saie-il pas que je puis lui reprocher d’êere l’époux de fa propreniece? II dira fans doute que le Pape le lui a permis: mais le pouvoir duPape a-t-il plus de force que la nature, qui se soulevé contre toute allianceincestueuse ? D’ailleurs, n’est - il pas vrai, que pour parvenir à ce mariageil a fallu qií’il fît mourir fa premiere femme ^ cette femme dant il avoit desenfans, cette femme, fille & sœur de Rois de France? Je n’avance pontce fait témérairement ; ce n’est point par restèneiment que je le lui re-
Tome XLIII. Aaaa