INTRODUCTION
la France vers cette belle et poétique Italie qui lui avait inoculéle génie des arts, des sciences et des lettres.
Sanctuaire de la civilisation moderne, la patrie du Dante etdu Tasse, de Raphaël et de Cimarosa , de Machiavel et d’Alfieri ,était également le théâtre de sanglantes et terribles luttes d’am-bition.
Le Pape et l’Empereur, ces deux grandes puissances du temps,l’une personnifiant la force morale, l’autre représentant la forcematérielle, se disputaient, sur ce théâtre aux vastes souvenirs etaux noms glorieux, la prépondérance universelle.
L’Empereur alors s’appelait l’empereur d’Allemagne . Quelquenom qu’il eût, il visait à la monarchie universelle autocratique.
Le Pape, à son tour, quel qu’il fût, visait à la république uni-verselle théocratique.
Monarchie universelle ou république universelle : tel était leterrain de cette immense querelle.
Mais, des deux côtés, c’eût été le triomphe du despotisme, la dé-faite de la liberté. Dans la monarchie universelle, comme l’eûtcomprise l’Empereur, ou dans la république universelle, commel’eût faite le Pape, l’esprit de progrès, à jamais étouffé, aurait péri,laissant la pensée humaine mutilée par les ciseaux de la censuretemporelle ou de la censure spirituelle, toutes deux égalementimpitoyables.
Dieu , qui voulait sauver la civilisation de ce naufrage ne permitpas un tel malheur ni un tel crime. Il fit l’Empereur assez fortpour empêcher la république universelle théocratique rêvée parGrégoire le Grand ; il fit le Pape assez puissant pour empêcher lamonarchie universelle autocratique rêvée par Charles-Quint .Mais il les laissa l’un et l’autre trop faibles, pour que l’un oul’autre pût imposer au monde, avec sa volonté de fer et sa doc-