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III
ENVAHISSEMENT DIT PIÉMONT
Dès les derniers mois de l’année 1858, l’Autriche avait conçu, dans lesecret de ses pensées, le projet d’imposer au Piémont ses idées politiques,pour le faire entrer dans les sphères de son influence. Aussi, prévoyantqu’elle ne pourrait atteindre le but dont elle se disposait à poursuivre laréalisation sans employer la force des armes, se préparait-elle à la guerre,avant môme l'avertissement du 1 er janvier 1859.
Avant cette date mémorable, qui restera célèbre dans les fastes de laFrance et de l’Italie , on pouvait remarquer, dans la Lombardie et la Vé nétie , d’immenses préparatifs de combats et des mouvements extraordi-naires de troupes. Depuis quelque temps déjà, on y travaillait avec uneactivité inusitée à réparer et à étendre les formidables fortifications dontcette partie du territoire de la Péninsule se trouve hérissée au profit dela puissance autrichienne . De nombreux ouvriers agrandissaient ou res-tauraient les citadelles de Milan , de Pavie, de Vérone et de Mantoue .
Dans toutes les places de guerre on accumulait un matériel considé-rable, des pièces dé canon, des barils de poudre, des munitions et desapprovisionnements de toute nature, comme si on s’attendait à y puisersouvent pour les nécessités d’une lutte de longue durée, comme si onprévoyait qu’on aurait à y soutenir de terribles sièges.
Dans les premiers jours du mois de janvier 1859, les préparatifs deguerre, du côté de l’Autriche , devinrent encore plus visibles. Ainsi leschemins de fer qui de Vienne vont à Trieste commençaient à transporterdes régiments entiers, avec de nouveaux parcs d’artillerie, qu’on diri-geait ensuite du côté des provinces de la Vénétie et de la Lombardie .Bientôt une puissante garnison, tout entière, à la solde du cabinet deVienne , s’installait dans la citadelle de Plaisance, qui pourtant appar-tient au territoire du duché de Parme , comme si Plaisance n’eût étéqu’une ville de l’empire des Hapsbourg.
Au commencement de mars, l’Autriche avait déjà réuni, tout près desfrontières du Piémont, dont chaque jour ses troupes se rapprochaient