46 1/ITALIE CONFÉDÉRÉE
Celui qui écrivait cet ordre du jour à son armée, ce manifeste à scspeuples, était l'un des plus jeunes souverains de l'Europe . J’ai dit dansle premier volume, d’une façon générale et sommaire, ce qu'étaient larace des Ilapsbourg, la maison de Savoie et la dynastie des Napoléon , quise trouvaient en présence dans les négociations. Dans ce volume, je diraibrièvement ce qu’étaient les chefs d’État qui allaient se rencontrer face àface sur le champ de bataille. Le portrait de François-Joseph 1 er trouvenaturellement ici sa place.
Né le 18 août 1850, déclaré majeur dans le dernier mois de 1848,François-Joseph I er monta sur le trône d’Autriche, par l'abdication deson oncle Ferdinand 1 er , abdication immédiatement suivie de la renon-ciation de l’archiduc François-Charles à la couronne, dont il devaithériter à la mort de son frère, qui n'avait pas d’enfant.
L’archiduc François-Charles était le père de François-Joseph ; l’archi-duchesse Sophie , femme d’un grand esprit, d’une vaste ambition et d'uncaractère résolu, était sa mère. L’archiduchesse Sophie a conservé unegrande inlluence sur l’esprit de son lils, et on assure qu’elle n’aime pasla France . C’est du moins ce qui se dit à la cour de Vienne .
Ainsi c’est au lendemain des révolutions, c’est dans l’ébranlement àpeine arrêté de tout l’empire d’Autriche que François-Joseph I er montaitsur le trône de la maison de Ilapsbourg, fort de sa jeunesse, qui luipermettait de- refaire une nouvelle Autriche . 11 n’était pas solidaire dupassé ; il était sans lien avec le présent ; il pouvait édifier l’avenir.C’était là sa mission. On crut qu’il l’avait comprise : on se trompait.
François-Joseph 1 er avait été élevé dans la plus profonde ignorance ducaractère des temps modernes. Il était jeune d’àge, vieux de pensée. Sonesprit et sa nature tenaient à la fois du mysticisme monacal et de l’édu-cation militaire. 11 ne comprenait que l’église et la tente, que le soldat etle prêtre. Il n’avait nulle idée du citoyen.
Un double amour, celui de la dévotion et celui de la stratégie, absorbasa jeunesse. Marié aujourd’hui à la fille du duc Maximilien de Bavière, ilvit beaucoup dans l'intimité du foyer domestique ; c’est un souverainsans portée ; mais c’est un modèle des vertus privées de la famille ; ilpartageait hier encore son temps entre sa femme, l’église et la stratégie,le tout subordonné aux lois les plus rigoureuses de l’étiquette des cours.D’une figure aristocratique et froide, d’une allure hautaine et compassée,il attache aux vieux signes extérieurs de l’idée monarchique une impor-tance exagérée.
. Avant la campagne de 1859, on affirmait que François-Joseph 1 er étaitun tacticien consommé. Cette campagne a dû diminuer, dans l’opinion