Buch 
Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
Entstehung
Seite
62
JPEG-Download
 

02 LITALIE CONFÉDÉRÉE

Cette façon de procéder ma rappelé les moyens qu'emploient les Yo-lofs du cap Vert pour sapprovisionner de verroteries et de chausssures.

Lintendant général n'a pas été la seule victime de ce système de spo-liation. Partout les officiers autrichiens ont été logés, les mêmes faitsse sont renouvelés.

On ma raconté la manière dont lintendant militaire, autrichien sétaitapproprié une paire de chevaux appartenant au marquis de Murazzano.Le marquis de Murazzano, comme tant dautres, avait fourni sa part desréquisitions. En outre, il fut requis de fournir deux chevaux, quon attelaà une voiture portant cette inscription : Intendance générale de la deuxièmearmée impériale royale autrichienne. 11 se réjouissait déjà que ses chevauxfussent tombés en daussi bonnes mains, espérant quils lui seraient ren-voyés avec son cocher en livrée, qui devait les conduire.

Le marquis de Murazzano se trompait étrangement.

Au moment du départ, lintendant autrichien demanda au cocher s'ilvoulait rester à son service. Sur sa réponse quil préférait continuer àservir son maître :

Eh bien, va-ten! lui dit l'intendant autrichien.

Le domestique, stupéfait, ne bougea pas.

Quattends-tu ?

Jattends les chevaux de mon maître.

Les chevaux sont à moi; tu le diras à ton seigneur. Allons, va-ten!

Alors laissez-moi prendre quelques elfets que jai mis dans le coffrede la voiture.

Va-ten, te dis-je, si tu ne veux pas quil t'arrive malheur!

Le cocher se retira, et lintendant partit avec les chevaux du marquisde Murazzano.

Cest à la sagesse et à la prudence du syndic, et au concours des con-seillers, qui lont secondé dans ses efforts pour prévenir de plus grandsmalheurs, que la ville de Vereeil doit davoir été sauvée du pillage. Me-naces, provocations, rien na manqué pour faire naître un prétexte quipût autoriser cet épouvantable châtiment.

Les simples soldats imitaient les intendants et les officiers. On peut enjuger par cette étrange scène, dont Yhôtel des Trois-Rois a été le bizarrethéâtre. Un jour, après le dîner de létat-major, les soldats croates quiaidaient à servir à table ont l'idée de semparer des couverts en argent. Lepropriétaire de Y hôtel des Trois-Rois court chez le général Zobel pour seplaindre. Celui-ci se borne à lui répondre que la surveillance des couvertsde cabaret nentre pas dans ses attributions. Le propriétaire de l'hôtelcomprend alors quil ne lui reste quà se rendre justice par lui-même. II