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L’ITALIE CONFÉDÉRÉ,Eennemi qui l’eût exécutée, l’aurait exposé à être coupé et refoulé dansla montagne, si Tortone eût été occupée en force, comme les Autrichiensdevaient le présumer encore. Toutefois, on fit par prudence camper unbataillon d'infanterie derrière les parcs d’artillerie, qui étaient insuffi-samment gardés de ce côté.
L’incertitude des Autrichiens au sujet des mouvements de l’arméefrançaise et des projets de l'Empereur se prolongeait. Enfin, le 1" juin,ils résolurent de tenter sur Tortone une grande reconnaissance ; des for-ces importantes furent concentrées à Stradella, et tout fut disposé pourune attaque sérieuse.
Informé des projets de l’ennemi, le général d’Autemare se prépara àle recevoir. Des grand’gardes furent placées pour observer les débou-chés ; on reconnut les positions que devaient occuper les batteries, et l’onattendit.
Cependant la journée du ‘2 juin s’écoula sans événement, et, le soir,l’ennemi n’avait encore paru nulle part. Le jour suivant, 5-juin, on appritque les.Autrichiens évacuaient la rive piémontaise du Pô et se repliaientsur Plaisance, abandonnant toutes leurs positions sur le territoire qu'ilsavaient envahi un mois auparavant. Enfin, le 4 juin, le général d’Au-leinare reçut l’ordre de se replier sur Alexandrie , et, le 5, le camp deTortone était levé.
On apprit a Alexandrie les grands événements qui expliquaient la re-traite imprévue des Autrichiens. Désabusés enfin, ils avaient tenté, maistrop tard, de courir sur le Tessin pour se jeter entre Milan menacéet l’armée alliée faisant tout à coup irruption en Lombardie . S'ils nepurent se concentrer en masse assez à temps pour l’arrêter, ils purentlui opposer du moins assez de gros bataillons pour que la victoire fut dé-cisive ; et c’est en poussant devant eux une armée rompue et désorgani-sée que les Français entrèrent à Milan .
C’est ici qu'il convient de redresser une erreur généralement accrédi-tée dans l’opinion du grand nombre. Tout en rendant justice à la bellemanœuvre de l'Empereur et en l’admirant sur la foi des hommes spé-ciaux, beaucoup de personnes ont cru que cette manœuvre n’avait pour-tant pas porté tous ses fruits, puisque en réalité l’ennemi, qu’on voulaittromper, attendait en forces l’armée française de l’autre côté du Tessin ,devant Magenta. Ceux qui font cette objection prouvent qu’ils n’ont com-pris ni le but du mouvement de l’armée française, ni les difficultés donton avait si habilement triomphé.
C’est une grande erreur de croire qu’on ait pu concevoir le projet dedéplacer, de plus de cent kilomètres, une armée de cent mille hommes,