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Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
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LITALIE CONFÉDÉRÉ,Eennemi qui leût exécutée, laurait exposé à être coupé et refoulé dansla montagne, si Tortone eût été occupée en force, comme les Autrichiensdevaient le présumer encore. Toutefois, on fit par prudence camper unbataillon d'infanterie derrière les parcs dartillerie, qui étaient insuffi-samment gardés de ce côté.

Lincertitude des Autrichiens au sujet des mouvements de larméefrançaise et des projets de l'Empereur se prolongeait. Enfin, le 1" juin,ils résolurent de tenter sur Tortone une grande reconnaissance ; des for-ces importantes furent concentrées à Stradella, et tout fut disposé pourune attaque sérieuse.

Informé des projets de lennemi, le général dAutemare se prépara àle recevoir. Des grandgardes furent placées pour observer les débou-chés ; on reconnut les positions que devaient occuper les batteries, et lonattendit.

Cependant la journée du2 juin sécoula sans événement, et, le soir,lennemi navait encore paru nulle part. Le jour suivant, 5-juin, on appritque les.Autrichiens évacuaient la rive piémontaise du et se repliaientsur Plaisance, abandonnant toutes leurs positions sur le territoire qu'ilsavaient envahi un mois auparavant. Enfin, le 4 juin, le général dAu-leinare reçut lordre de se replier sur Alexandrie , et, le 5, le camp deTortone était levé.

On apprit a Alexandrie les grands événements qui expliquaient la re-traite imprévue des Autrichiens. Désabusés enfin, ils avaient tenté, maistrop tard, de courir sur le Tessin pour se jeter entre Milan menacéet larmée alliée faisant tout à coup irruption en Lombardie . S'ils nepurent se concentrer en masse assez à temps pour larrêter, ils purentlui opposer du moins assez de gros bataillons pour que la victoire fut dé-cisive ; et cest en poussant devant eux une armée rompue et désorgani-sée que les Français entrèrent à Milan .

Cest ici qu'il convient de redresser une erreur généralement accrédi-tée dans lopinion du grand nombre. Tout en rendant justice à la bellemanœuvre de l'Empereur et en ladmirant sur la foi des hommes spé-ciaux, beaucoup de personnes ont cru que cette manœuvre navait pour-tant pas porté tous ses fruits, puisque en réalité lennemi, quon voulaittromper, attendait en forces larmée française de lautre côté du Tessin ,devant Magenta. Ceux qui font cette objection prouvent quils nont com-pris ni le but du mouvement de larmée française, ni les difficultés donton avait si habilement triomphé.

Cest une grande erreur de croire quon ait pu concevoir le projet dedéplacer, de plus de cent kilomètres, une armée de cent mille hommes,