clans le cimetière, les Autrichiens ne purent longtemps résister aux vi-goureuses attaques des Français ; celle dernière position leur lut enfinenlevée à la baïonnette et au cri mille fois répété de Vive l'Empereur!
11 était près de sept heures. Le général Forev fit arrêter les troupesdevant le mouvement de terrain sur lequel était situé le cimetière, gar-nissant la crête avec quatre pièces de canon et de nombreux tirailleurs,qui refoulèrent vers Casteggio les dernières colonnes autrichiennes. Maisces colonnes ne firent que traverser ce village; elles s’en éloignèrentbientôt, n’y laissant qu’une arrière-garde et se retirant par la route deCasatisma.
Les alliés tuèrent à Monlebello beaucoup d’Autrichiens par derrière,les poursuivant la baïonnette dans les reins. Un chasseur du 17 e bataillona tué, à lui seul, huit Autrichiens ; sur ces huit fuyards, un seul avait faitmine de se défendre. « Celui-là, disait le chasseur, a au moins eu l’hon-neur de mourir avec un coup dans le ventre. »
Tous ceux qui ont visité le champ de bataille de Montebello depuis laglorieuse journée du 20 mai sont frappés de la grandeur des obstacles quela division Forey dut surmonter et de l’énergie qu’il lui fallut déployerpour résister aux corps ennemis. Les Autrichiens occupaient tous lespoints élevés, leurs batteries balayaient la plaine, commandaient lesroutes, et c’est par les routes et par la plaine que nos soldats arri-vèrent.
Chaque position exigea pour ainsi dire une attaque particulière. Lessoldats du comte Stadion et du général Braun tiraient de haut en bas, et,sans l’irrégularité et l’hésitation de leur tir, tous leurs coups eussent puporter. Mais nos officiers suppléèrent, par l’élan et la vigueur, à l’infério-rité du nombre et de la position. Les troupes abordèrent résolument lestirailleurs qui se développaient dans la plaine, à la gauche du village, etles groupes qui, abrités derrière des vignes ou cachés dans les blés, dé-chargeaient leurs armes presque à bout portant. L’artillerie autrichiennes’était fait sur un petit coteau, à l’entrée de la ville, une magnifique po-sition ; elle fut bientôt obligée de s’éloigner, serrée de près par nos ba-taillons, et, quand la lutte toucha à sa fin, le coteau était jonché de ca-davres.
Les Autrichiens n’emmenèrent aucun prisonnier ; les Français en firentdeux cents dans le cimetière, où un corps ennemi, se voyant cerné detous côtés, fut forcé de se rendre en grande partie. Un simple soldat du84 e régiment de ligne a raconté qu’à lui seul il en fit seize sur les deuxcents, parmi lesquels on comptait environ vingt officiers.
La brillante victoire de Montebello inaugurait, avec autant d’éclat que