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Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
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LITALIE CONFÉDÉRÉE

XII

LES CHASSEURS DES ALPES

Cétait dans la soirée du 20 mai. On vit arriver à Gattenara les chas-seurs des Alpes, trempés par la pluie, harassés de fatigue, mais surtoutaffamés, et cependant merveilleux de courage et dentrain, chantant deschansons patriotiques et manifestant leur joie de marcher à des combatstéméraires avec une verve entraînante.

A l'arrivée de ce corps dans Gattenara, ce fut dans le bourg tout entierune explosion denthousiasme : on eût dit une fête nationale. On tenditdes tapisseries, on alluma des lampions ; on courut surtout au-devant dugénéral Garibaldi, qui fit son entrée dans cette patriotique cité escorté partoute la population, qui, tête nue, criait Vive lItalie !

Le général Garibaldi repartit le 22 pour Borgomanero , le 23 pour Cas-telletto. Cette bourgade est située sur le lac Majeur ., il appelle la ruseà son aide. Il lui fallait franchir le Tessin et envahir la Lombardie entrompant la vigilance de lennemi. Voici par quel stratagème il réalisason audacieux projet. Il fit propager le bruit que son corps allait séjournerà Arona; il écrivit lui-même des or dres pour faire préparer des logements,des approvisionnements, et faire disposer les églises pour le campementdes chevaux. Des émissaires furent chargés de porter ces ordres à Arona..Mais loccupation de cette ville, dont les maisons blanches se baignentdans les eaux bleues du lac Majeur , nétait quune ruse. Dès que les émis-saires furent en route, il fit sonner le départ, et, à une heure, sa troupeparlait, les soldats chargés de deux fusils chacun. A Castelletto, elle passale Tessin sur un bac qui la déposa à Sesto-Calende ; le Tessin franchi, legénéral Garibaldi courut, avec ses chasseurs des Alpes , à marche forcée,dans la direction de Yarèse.

Aussitôt quils apprirent la façon dont on venait de les jouer, les Autri-chiens voulurent faire payer au chef des volontaires son audace. Ils semassèrent à Calarate et coupèrent la ligne du Tessin à Yarèse, croyantempêcher par toute retraite aux chasseurs des Alpes et les surprendre àleur tour. Garibaldi les brava : il avait déjà gagné les villes à sa cause, et