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L’ITALIE CONFÉDÉRÉE
« 5° En même temps sera organisée la garde nationale, conformémentà un décret qui va être publié.
« Varèse, le 24 mai 1859.
« Le commissaire royal provisoire de Sa Majesté le roi de Sardaigne ,
« Carcano. »
Après avoir fait établir des barricades dans les rues de Varèse, Gari-baldi y laissa deux cents des siens, qui, joints à la population, soutinrenthéroïquement le feu que les Autrichiens ne tardèrent pas à diriger contrela ville. Pendant ce temps, Garibaldi sortait avec le gros de son armée parles collines, afin de déguiser sa marche. Quelques heures plus tard, ilsurprit en flanc les ennemis, les battit et les mit en déroute.
Rendue à la liberté et à son indépendance, Varèse fut la première citéde la Lombardie qui fut placée sous l’autorité d’un commissaire extraor-dinaire du roi de Piémont. Voici la proclamation que publia ce commis-saire extraordinaire en venant prendre le gouvernement de cette cité :
« Citoyens!-
« A peine le roi Victor-Emmanuel , premier soldat de l’indépendancenationale, a-t-il eu annoncé à l’Italie qu’il avait repris l’épée, que les po-pulations lombardes, le regard tourné vers le Tcssin, ont demandé lesignal de l'insurrection. Des motifs d’humanité et de prudence, et les né-cessités générales de la guerre, nous ont engagés à vous conseiller undélai que vous avez accepté, parce qu’à présent tout est discipliné en Ita lie , le calme comme l’action. Mais, aujourd’hui, plus de retards ! Lebrave général Garibaldi est venu nous l’annoncer, et sur-le-champ, de-vant lui, les populations se soulèvent, se prononçant pour la cause natio-nale et pour le gouvernement du roi Victor-Emmanuel .
« Commissaire de Sa Majesté Sarde, je viens prendre le gouvernementcivil de ce mouvement spontané. Citoyens, l’insurrection lombarde seraanimée de ce nouvel et admirable esprit italien qui, avec le secret de laconcorde, nous fait retrouver le secret de la fortune. Aucun désordre neviendra troubler le sublime spectacle de la liberté ; aucune impétuosité» aveugle ne viendra désordonner l’organisme civil du pays; aucun espritd’imprévoyante réaction ne voudra considérer comme le triomphe d’unparti celui qui est le triomphe d’une société tout entière.
« Les guerres de l’indépendance ne doivent leur succès qu’à de grandsefforts. Vous avez devant vous l’exemple du généreux Piémont, qui, de-