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I. ITALIE CONFÉDÉRÉEintercepter le passage : les Autrichiens, qui voulaient les détruire entière-ment, ne réussirent donc qu’à moitié.
A la pointe du jour, le général Espinasse, s’étant porté avec une bri-gade sur la tète de ce même pont, que l’ennemi avait abandonné à sonapproche, y avait trouvé trois obusiers, deux canons de campagne et plu-sieurs chariots de munitions.
D’après les ordres de l'Empereur, le deuxième corps avait quitté Xo-vare à huit heures et demie, dans la matinée du 5 juin, pour se portersur Turbigo, où, sous la protection de la division des voltigeurs de lagarde impériale, portée tout entière sur la rive droite du Tessin , un pontavait ôté jeté, la nuit précédente, sur cette rivière. C’est sur ce pont quele deuxième corps allait s’élancer du Piémont en Lombardie .
Une brigade de cette même division des voltigeurs de ia garde occupaitles abords de Turbigo, assurant la libre possession du pont au deuxièmecorps, qui allait le traverser, en surveillant la vallée, en aval du village.
11 était une heure et demie lorsque la tète de colonne de la premièredivision du deuxième corps se mit à franchir le pont de Turbigo. A cemoment-là, et pendant que cette tète de colonne débouchait sur la rivegauche du Tessin , Mac-Mahon , s’étant porté en avant du village pour re-connaître le terrain, et ayant visité les hauteurs de Robccclietlo pour yétablir des troupes, aperçut tout à coup, à cinq cents mètres plus loin,une colonne autrichienne qui paraissait venir de Ruffalora. Cette colonnemarchait sur Kobecchelto avec l'intention manifeste d'occuper ce village.
Robecchetlo se trouve sur la rive gauche du Tessin , à l’est et à deuxkilomètres de Turbigo. C’est un village considérable, qui peut être aisé-ment détendu et qu’il serait incontestablement très-utile d’occuper forte-ment pour un corps ennemi qui viendrait de Milan ou de Magenta avecl’intention de barrer le passage du Tessin à Turbigo. Ce village est assissur un vaste plateau horizontal qui domine de quinze à vingt mètres lavallée du Tessin . On y arrive, lorsqu’on sort de Turbigo, par deux che-mins praticables à l'artillerie : l’un qui aboutit à l’une de ses rues parlapartie sud du village, l’autre par la partie ouest.
La route qui vient de Magenta et de Buffalora y pénètre par la partieest; c’est celle-ci que suivait la colonne autrichienne.
Mac-Mahon ordonna alors au général de la Motterouge, qui n’avait aveclui que le régiment des tirailleurs algériens, ses autres régiments étantencore sur la rive gauche de la rivière, de porter les trois bataillons dece régiment sur Robecchetlo et de les disposer en trois colonnes d’ v attaquede la manière suivante :
* Le premier bataillon, formant la droite, en colonne par division, pré-