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Le général Lier était un de ces officiers d’élite qui réunissent à la foisces deux qualités si rares : la science et le courage. Versé dans l'art straté-gique, il savait organiser, il savait agir. Nul n'avait plus que lui cetteconnaissance profonde de l’art militaire, que possèdent cependant à undegré si éminent tous les officiers de notre jeune armée.
Mais ce qui faisait du général Lier une nature privilégiée au milieu detant de personnalités si brillamment douées, c’était son ardente affectionpour le soldat. 11 avait l’habitude de dire : « Le régiment est une familledont le colonel est le père. » Et cette phrase n’était pas pour lui un vainmot : lorsqu’il était colonel, il l'appliquait à la lettre, se faisant le pèrede tous, n’exposant jamais inutilement la vie d’un homme, et avant dela prudence pour ses soldats, alors même qu’emporté par sa bouillanteardenr, ij n’en avait plus pour lui même. « Le sang des soldats est le sangde la France , disait-il encore, il faut le ménager. »
Celle brillante maxime devrait être celle de tous les hommes de guerre.
Le général Fier était commandeur delà Légion d’honneur. Il comman-dait, à l’armée d'Italie , la première brigade de la première division d’in-fanterie de la garde impériale, placée sous les ordres du général de divi-sion Mcllinet, et sa brigade se composait du régiment de zouaves et du1 er régiment de grenadiers.
Honoré de l’amitié du prince Napoléon pendant sa vie, le général Liera reçu après sa mort de nouveaux témoignages de celle illustre amitié.C’est parles soins cl aux frais du prince Napoléon que son corps, ramenéen France , a été inhumé sur le sol de la France . Ses restes reposent dansle cimetière de Salins, sa ville natale.
D'autres officiers supérieurs payèrent de lenrvie l’honneur d’avoir com-battu à Magenta. Voici leurs noms et leurs titres :
Cliarlier, qui a servi au 22 e léger comme capitaine. Nommé chef de ba-taillon au 50 e en avril 1845, il fit avec ce régiment le siège de Rome clfut, en récompense de sa belle conduite pendant cette campagne, promulieutenant-colonel du 2 e léger le 21) juin 1840. M. Cliarlier commandaitle 90 e depuis 1852; il a fait, à la tête de ce régiment, les deux expédi-tions de Kabvlie de 18î>(» et de 1857, et y avait gagné la croix de com-mandeur de la Légion d’honneur.
Le colonel de Granet Lacroix de Cliabrière, qui, en 1848, était chef debataillon au 2 e régiment de la légion étrangère et officier de la Légiond'honneur. L’avenir s’ouvrait brillant pour lui; mais, sacrifiant son étalà ses convictions, il donna sa démission. Pendant la guerre d'Ofient,lorsqu’on forma une légion suisse , il y entra comme colonel, permutapour aller en Crimée , et fut, à la réorganisation des troupes étrangères,