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Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
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L'ITALIE CONFÉDÉRÉE (17

me demande sil serait possible dentasser une plus grande quantité demarbre sur une plus grande surface; mais quel architecte aujourdhuiformerait, de tant dornements réunis, une masse aussi majestueuse, aussiétonnante par la grandeur de lensemble que par lexquise délicatesse desdétails? En sortant du Dôme, je \ois, devant la grille du palais vide delarchiduc, un garde national qui monte la garde dans une des guéritesoccupées naguère par les sentinelles autrichiennes.

« Après métre assuré dune voiture dans la matinée, je suis parti àmidi pour le champ de bataille de Marignan.

« En revenant de Marignan , je rencontrai une très-élégante calèche,qui se croisa avec une charrette dans laquelle étaient quatre blessés. Lacalèche sarrêta, deux belles jeunes femmes mirent pied à terre. Ellesfirent placer les soldats blessés dans la calèche, montèrent sur le siègeauprès du cocher, et rentrèrent ainsi dans Milan . Cet exemple a été suivipar beaucoup dautres dames.

« Un très-grand nombre de voitures de laristocratie se sont dirigées,ce soir, vers Marignan pour transporter en ville les blessés, qui sontentrés dans Milan à lheure des illuminations.

« Cest superbe; la vue du Corso éclairé à giorno est splendide. Parmiles palais qui se font remarquer par la magnificence de leurs girandolesde feu, je citerai le palais Belgiojoso .

« O11 fait en ce moment une grande manifestation pour lunion duPiémont et de la Lombardie . Quinze mille personnes au moins traversentle Corso et se dirigent vers le palais Brusca, en criant : Viva il re ! vivaVittorio Emmanuele!

« Toutcequia été dit par les journaux italiens, et répété par les journauxfrançais , sur la répulsion quinspirait aux nobles milanais le pouvoirautrichien, était parfaitement exact. Ici, le mouvement nest pas seule-ment populaire, toutes les classes de la société y prennent part, et je doismême ajouter que cest laristocratie qui le dirige.

« Ce soir, au moment défdaitdans le Corso ce cortège de quinze millehommes criant : « Vive notre roi Victor-Emmanuel ! vive la constitution !vive lunion ! vive lunité de lItalie ! » les plus grands noms lombardssassociaient à celte manifestation, et les femmes les plus distinguées parleur origine, par leur beauté et leur fortune agitaient leurs mouchoirs etmontraient du doigt au peuple qui passait le palais Brusca, habité par leRoi. Lannexion, que lon regardait comme difficile par suite de prétenduesrivalités existant entre les Lombards et les Piémontais, était déjà faitedans les esprits avant davoir été consacrée par les événements. Devantles acclamations de toute une capitale, Victor-Emmanuel II na pas hésité