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1/ITALIE CONFEDEREE
On s’accorde à reconnaître que ce dernier résultat des opérations deGaribaldi a été l'un des événements les plus favorables au succès du plande campagne adopté par Napoléon III . 11 était essentiel, en effet, ainsi queje l’ai déjà indiqué, que les alliés fussent en possession des passages duTyrol, par où l'armée autrichienne recevait de Vienne ses renforts et sesapprovisionnements. C’est à ce point de vue surtout que la diversionopérée par le commandant des chasseurs des Alpes a été d’un puissantsecours pour la marche des Franco-Sardes.
Après s’être emparé de Côme, le 29 mai, Garibaldi était retourné àVarèse , où les Autrichiens étaient rentrés, et, délivrant une seconde foiscette ville, les avait surpris et battus dans la journée du 2 juin. Le lende-main, il revint à Côme, dont on sait qu’il fit son quartier général, et d’oùson action s’étendait, ainsi que je l’ai dit, jusqu’aux montagnes delà Valteline, de Fuente, Sondrio et Tirano, à Itormiu.
Le 8 juin, tout rayonnant de ses premiers succès, Garibaldi va au palaislîrusca, à Vlilan, et à la villa Bonaparte présenter ses hommages à l’Em-pereur et au Roi qui venaient d’arriver dans la capitale de la Lombardie .C’est alors que fut publié, à la gloire du corps des chasseurs des Alpes ,l’ordre du jour que j’ai déjà cité.
Décoré de la médaille d’or, l’une des plus hautes récompenses mili-taires du royaume de Piémont, Garibaldi repart immédiatement pourLecco , et marche de là sur Rergame, qui est gardée par cinq mille Autri-chiens. Il entre, le 10 juin, dans cette ville, que les Autrichiens se sonthâtés d’abandonner à son approche. C’est de Bergame que Garibaldi seporte ensuite sur Brescia , où il précède, suivant son habitude, en hardi etglorieux éclaireur, les souverains alliés.
Mais, avant de suivre à Brescia l’intrépide chef des chasseurs des Alpes ,je choisis dans un volume de lettres saisies à Bergame celles qui suivent,pour les publier ici, afin de donner une idée des sentiments et des préoc-cupations du soldat autrichien pendant la campagne de 1859 :
« Mes chers parents,
« Dans ma lettre du 29 du mois passé, je vous avais dit que nous res-terions à Vérone ; cependant nous n’y avons passé qu’une nuit, car lelendemain l’ordre est venu de nous rendre à Milan , et puis, sur le chemin,un télégraphe est venu devant nous pour nous arrêter à Bergame . Donc,nous sommes venus ici de Vérone , par Brescia , le lundi soir ; et mercredi,c’est-à-dire le 1 er , j’étais aux avant-postes; mais nous n’avons aperçu-qu’une patrouille ennemie, qui s’est retirée en nous voyant. Demain, nous