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composant les garnisons de Vérone , de Mantoue et de Peschiera ; et c’estainsi, comme on vient de le voir, qu’il avait pu réunir neuf corps d'armée,forts ensemble de deux cent cinquante mille hommes, qui s’avançaientvers la Chiese en couvrant la plaine et les hauteurs.
Cette force immense paraissait s’être partagée en deux armées ; cellede droite, d’après les notes trouvées, après la bataille, sur un officier au-trichien, devait s’emparer de Lonalo et de Casliglione ; celle de gauchedevait se porter sur Monlechiari. Les Autrichiens croyaient que toutenotre armée n’avait pas encore passé la Chiese, et leur intention était denous rejeter sur la rive droite de cette rivière.
Les deux armées, en marche l’une contre l’autre, se rencontrèrentdonc inopinément. A peine les maréchaux lîaraguey-d’Ililliers et de Mac-Mahon avaient-ils dépassé Castiglione, qu’ils se trouvèrent en présence deforces considérables qui leur disputèrent le terrain. Au môme instant, legénéral Niel se heurtait contre l’ennemi à la hauteur de Medole. L’arméedu Roi, en route pour Pozzolengo, rencontrait de même les Autrichiensen avant de Rivoltella, et, de son côté, le maréchal Canrobert trouvait levillage de Castelgoffredo occupé par la cavalerie ennemie.
Tous les corps de l’armée alliée étant alors en marche à une assezgrande distance les uns des autres, l’Empereur se préoccupa tout d’abordde les relier, afin qu’ils pussent se'soutenir mutuellement. A cet effet,Sa Majesté se porta immédiatement auprès du maréchal duc de Magenta,qui était à droite dans la plaine et qui s’était déployé perpendiculairementà la route qui va de Castiglione à Goito. Comme le général Niel ne parais-sait pas encore, Sa Majesté fit hâter la marche de la cavalerie de la gardeimpériale, et la mit sous les ordres du.duc de Magenta, comme réserve,pour opérer dans la plaine sur la droite du deuxième corps. L’Empereurenvoya en même temps au maréchal Canrobert l’ordre d’appuyer le géné-ral Niel autant que possible, tout en lui recommandant de se garder àdroite contre un corps autrichien qui, d’après les avis donnés à Sa Ma-jesté, devait se porter de Mantoue sur Azola .
Ces dispositions prises, l’Empereur se rendit sur les hauteurs, aucentre de la ligne de bataille, où le maréchal Baragucy-d’IIilliers, tropéloigné de l’armée sarde pour pouvoir se relier avec elle, avait à lutter,dans un terrain des plus difficiles, contre des troupes qui se renouve- ,laient sans cesse.
Le maréchal Baraguey-d’Hilliers était néanmoins arrivé jusqu’au piedde la colline abrupte au sommet de laquelle est bâti le village de Solfe-rino, que défendaient des forces considérables retranchées dans un vieuxchâteau et dans un grand cimetière, entourés l’un et l’autre de murs
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