Depuis, ces trois généraux se sont heureusement remis de leurs bles-sures.
Le nombre des officiers hors de combat a été de deux cent quatre-vingt-quatre, et celui des soldats tués ou blessés s’élève à quatre mille environ.
Après la prise du village de Solferino, les troupes étaient à peine refor-mées, que, sur l’ordre de l’Empereur, la première division s’est portéesur les crêtes, dans la direction de Cavriana ; la troisième division a pour-suivi l’ennemi pendant une lieue dans la plaine, et, couvrant du feu deses batteries les colonnes autrichiennes en retraite, leur a fait éprouver degrandes perles et capturé de nombreux prisonniers. Parties d'Escnta àdeux et trois heures du matin, les divisions du premier corps n’ont prisleurs bivacs qu’à neuf heures du soir.
Pendant cette lutte, et au plus fort du feu, quatre colonnes autri-chiennes, s’avançant entre l’armée du Roi et le corps du maréchal Iîara-guey-d'Uilliers, avaient cherché à tourner la droite des Piémontais ; sixpièces d’artillerie, habilement dirigées par le général Forgcot, avaient ou-vert un feu très-vif sur le flanc de ces colonne? et les avaient forcées derebrousser chemin en désordre.
L'Empereur a rendu une éclatante justice à l’attitude et au rôle des Pié-montais dans la journée du 24 juin. D’après le rapport du Roi, tandis queles troupes françaises, sous les ordres du maréchal Baraguey-d’IIillicrs,marchaient sur Solferino, trois divisions de l’armée piémontaise s’avan-çaient dans la direction de Peschiera , Pozzolengo et Madonna délia Sco-perta ; elles étaient précédées par des détachements chargés d’éclairerleur marche et de reconnaître le terrain.
La troisième division, commandée par le général Mollard, devait battrela plaine comprise entre le chemin de fer et le lac, et la cinquième, com-mandée par le général Cucchiari, devait marcher sur Pozzolengo, où de-vait aussi se rabattre la première division, commandée par le généralDurando, en passant par Castel-Yenzago et Madonna délia Scoperta. Ledétachement envoyé en reconnaissance par la cinquième division, com-posé d’un bataillon d’infanterie, d’un bataillon de bersaglieri, d’un esca-dron de chevau-légers et de deux pièces d’artillerie, sous les ordres ducolonel Cadorna, laissa sur sa droite les hauteurs de San-Marlino, qui n’é-taient point encore occupées par l’ennemi, et continua à s’avancer, parla route de Lugano , vers Pozzolengo.
Les avant-postes autrichiens, vigoureusement attaqués et refoulés verssept heures du matin, furent bientôt soutenus par des forces imposantes,devant lesquelles il fallut se replier.
Le général Mollard, entendant la fusillade et le bruit du canon, condui-