108 L'ITALIE COiNEKliÉl'.ÉE
Le quatrième corps se battait avec une bravoure héroïque. Aussi, dansces combats incessants, paya-t-il largement sa dette à la patrie. 11 vil suc-cessivement tomber de braves soldats et des chefs intrépides. Je citeraispécialement le général Douav, qui s’est particuliérement distingué danscette journée, où il reçut de graves blessures.
La cavalerie avait été d’un puissant secours pour éloigner de la CagaNova l’infanterie ennemie, qui renouvelait sans cesse ses efforts pour-enlever ce point d’appui important. Les deux divisions de Partouneaux etDesvaux chargèrent à plusieurs reprises, sur ce point, l’infanterie autri-chienne avec une bravoure que Niel s’est plu à constater.
Vers trois heures, le maréchal Canrobert , étant venu sur le champde bataille pour juger par lui-mème la position de Niel, envoya l’ordre àIndivision Renault , du troisième corps, qui observait la roule de Medolcà Ceresara, d’appuyer sur Rebecco, et il ordonna en même temps augénéral Trocliu d’amener sa première brigade sur le lieu meme où setrouvait sa réserve, entre Casa-Nova et Baete, car c’était toujours là quese portaient les plus grands efforts de l’ennemi.
Quand Niel vit qu’il allait être soutenu par des troupes fraîches, ilforma immédiatement quatre bataillons de la division de Luzv en colonnesd’attaque, leur adjoignit deux bataillons de la division de Failly 'quiformaient en ce moment son unique réserve, et le général de Luzy con-duisit ses troupes dans la direction de Guidizzolo . La tète de la colonne,formée par un bataillon du 50 e de ligne, arriva jusqu’aux premières mai-sons du village; mais, trouvant devant elle des forces supérieures, elle dutse retirer. Les troupes du quatrième corps étaient d’ailleurs accabléespar la fatigue ; elles marchaient et combattaient depuis douze heures surun terrain complètement dépourvu d'eau, et, pendant celte lutte inces-sante, elles n’avaient pas eu le temps de manger.
Cependant, le maréchal Canrobert ayant promis à Niel l'arrivée, avantla nuit, de la division Bourbaki, le commandant du quatrième corpsvoulut tenter un dernier effort sur Guidizzolo avec la brigade Bataille, dela division Trocliu, qui avait pris la place de sa réserve. Le général Troclm,ayant formé ses bataillons en colonnes serrées, les conduisit à l’ennemi enéchiquier, l’aile droite en avant, avec autant d’ordre et de sang-froid quesur un champ de manœuvres. 11 enleva à l’ennemi une compagnie d'in-fanterie et deux pièces de canon, et arriva jusqu’à demi-distance de laCasa-Nova à Guidizzolo . Un violent orage, précédé de tourbillons de pous-sière, qui plongea les troupes de Niel dans l’obscurité, vint mettre fin àcette terrible lutte, et le quatrième corps prit alors ses bivacs sur unchamp de bataille qu’il avait glorieusement conquis.