lois qu’ils se sont passés, tels enfin que les constatent les documents offi-ciels et authentiques.
D’une extrémité à l’autre extrémité de la Péninsule italique, dès lemois d’avril, les populations pressentaient les événements qui allaient seproduire dans le nord de l’Italie . On a vu déjà quelles étaient les disposi-tions d’esprit du peuple et de la noblesse de Florence , quels sentimentsles animaient, lorsque j’ai dépeint l’enthousiasme et le patriotisme desvolontaires italiens abandonnant leurs familles et leurs foyers pour servirla patrie commune, et s’enrôlant volontairement, accompagnés par lesvœux et les espérances de leurs concitoyens.
Florence avait suivi le mouvement universel qui associait toute l’Italie centrale à la cause de l’indépendance pour laquelle le Piémont allait com-battre. La Toscane tout entière était impatiente de servir cette causesacrée avec efficacité. La noblesse, le peuple et l’armée s’unissaient dansune même pensée de haine contre l’influence autrichienne que la dynastiede Lorraine représentait et subissait à la fois depuis plus d’un siècle. Onn'agissait pas encore; on osait à peine parler. Mais déjà les sourds fré-missements de la foule présageaient une explosion qui n’attendait pouréclater qu'une occasion favorable, qu’une heure propice.
Le bruit s’était répandu que l’Autriche avait adressé au Piémont unesommation insolente et que le délai fixé dans cette sommation expirait le213 avril, dans la soirée. Le lendemain, 27, dans la matinée, raconte le Mo-niteur toscan du 28 avril, une foule de personnes de toutes les classes serassemblèrent sur la vaste place de Barbano avec des drapeaux tricolores,en criant : Vive la guerre! vive Victor-Emmanuel ! vive l’indépendance! Lesdeux forteresses de Saint-Georges et de Saint-Jean arborèrent aussi ledrapeau tricolore, qui fut salué avec tout l’appareil militaire.
Le grand-duc régnant fit alors appeler don Neri Corsini , marquis deLajatico , qui lui représenta respectueusement les besoins de la situation,exigeant d’abord l’abdication de Son Altesse Impériale. Legrand-duc con-voqua alors le corps diplomatique, auquel il déclara qu’il ne pouvaitcondescendre à ce qu’on lui demandait, et termina en exprimant le désirque tous les ambassadeurs voulussent pourvoir à sa sûreté et à celle de safamille, afin qu’il pût avec elle quitter le sol de la Toscane . Tous les am-bassadeurs, et surtout le ministre de Sardaigne , en donnèrent la pro-messe, bien que la situation de la ville ne présentât aucun danger.
Quand on eut connaissance de l’inutilité des démarches qui avaient étéfaites, la multitude, accompagnée de militaires de toutes armes et desélèves des écoles militaires, parcourut paisiblement la ville avec des dra-peaux tricolores. Cependant la plus grande partie de la milice resta dans
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ni.