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Campagne de Piémont et de Lombardie en 1859 / par Amédée de Cesena
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L'ITALIE CONFÉDÉRÉE

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populations, confier les destinées du pays quau gouvernement piémon-tais, qui a déjà donné tant de preuves de sa fidélité à celte noble cause, etdont la conduite et la généreuse attitude inspirent à toutes les populationsde la Péninsule une confiance illimitée? Dans cette profonde conviction, legouvernement provisoire toscan sest empressé de prier le gouvernementde Sa Majesté le roi de Sardaigne dassumer le protectorat de Toscane tant que dureront les opérations de la guerre. Celte demande a été limi-tée par la condition que la Toscane , même dans celle période purementtransitoire, conservera la plénitude de son autonomie, une administrationdistincte de celle de la Sardaigne , son organisation définitive devant avoirlieu à l'issue de la guerre et alors quil sera procédé à l'organisation géné-rale de lItalie . Le gouvernement piémontais a accueilli celte ouvertureavec bienveillance; il a accepté, dans lintérêt de la cause commune, cetteéminente tutelle. Le gouvernement provisoire toscan remettra donc auxmains du commissaire spécial que Victor-Emmanuel II désignera pour lereprésentera Florence , le gouvernement de la Toscane , fort de la con-fiance d'avoir rempli un grand devoir, et jaloux, pour lhonneur de sonpays, de pouvoir dire que pas une goutte de sang, pas une insulte, pas leplus léger désordre na signalé ni suivi un changement aussi grave. »

En effet, Victor-Emmanuel II délègue ses pouvoirs à son ministre plé-nipotentiaire, M. Boncompagni, qui ajoute à son litre celui de commis-saire extraordinaire du roi de Sardaigne pour la guerre de lindépen-dance, et qui explique dans les termes suivants la nature et le but de cemandat :

« Tous les actes que le gouvernement du roi, et, en son nom, le com-missaire délégué par lui, doivent faire en Toscane , sont basés sur la né-cessité de pourvoir à la guerre, et sur le vœu du peuple toscan exprimépar l'organe du gouvernement provisoire, vœu qui, en linvitant à pren-dre la dictature pendant la guerre, le met à même de réunir en sa maintoutes les prérogatives de la souveraineté. Le roi na pas pris ce titre ; ila semblé à son gouvernement que ce titre pouvait donner lieu à des inter-prétations moins favorables, de nature à faire supposer que la conditionfuture de lÉtat en serait altérée, et quil y aurait diminution des droitsde lautonomie toscane , droits sanctionnés par le droit public européen,et qui, après la guerre, seront réglés de la façon la plus convenable auxintérêts particuliers de la Toscane et à ceux de toute lItalie . Le roi a prisle titre plus modeste de protecteur ; ce titre réserve tous les droits de laToscane , et il a accepté lobligation de faire les actes de nature à conserverintact lÉtat dans les conditions exceptionnelles oh il se trouve, en atten-