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A dater de ce jour, l’intervention de l’armée française en Toscane étaitdiplomatiquement régulière ; elle était conforme au droit des gens et auxlois de la guerre. Cette intervention allait se réaliser, avec le concoursseulement de la seconde division, ainsi que je l'ai déjà dit, et sous l'auto-rité directe et personnelle du prince Napoléon , commandant en chef ducinquième corps de l’armée d’Italie qui, du reste, était déjà débarqué àLivourne , et dont je vais sommairement rappeler la carrière.
Ici je suis moins un biographe qu’un peintre ; je n’écris pas une histoirequi serait un livre dans un livre ; je trace un portrait qui doit frapper,non par l’étendue, mais par la ressemblance, par la fidélité morale destraits.
Napoléon-Joseph-Charles-Paul Bonaparte , issu du mariage de Jérôme Bonaparte , ancien roi de Wesphalie, ancien prince de Monlfort, leplus jeune des frères de Napoléon I er avec la princesse Sophie-Dorothée-Frédérique-Catherine, fille du roi de Wurtemberg, est né dans l’exil, le9 septembre 1822, à Trieste , où, après avoir supporté plusieurs annéesde persécution, son père et sa mère avaient trouvé une retraite momen-tanée.
Exemple éclatant des vicissitudes de la fortune et de l’instabilité desgrandeurs, le jeune Napoléon était prédestiné à passer les années de sapremière jeunesse dans cette ville qu’on nomme la ville éternelle, parceque là tout commence et tout finit, depuis des siècles innombrables ;parce qu’elle survit à toutes les puissances de ce monde qui y trouventune tombe après y avoir eu leur berceau ; parce qu’elle a vu déjà naîtreet mourir tout un monde, toute une société, toute une civilisation ; parceque les racines de l’avenir s’y greffent sur les ruines du passé; parce qu’en-fin, comme au sein de la création, tout s’y renouvelle, de telle sorte quetoute pensée humaine, usée, ne s’y éteint dans la mort que pour y renaîtredans la vie, transformée.
Elevée par le vent des révolutions au faîte de la puissance, rejetée, parun coup du sort, de ce faîte dans les abîmes de l’adversité ; portant avecune égale hauteur d’âme et une égale modestie de caractère la grandeuret l'infortune, la mère des Bonaparte , Laetitia Ramolino , avait réuniautour d’elle, dans un quartier silencieux de Borne, comme les branchesautour du tronc, la plupart des membres dispersés de cette famille quis’était faite race. C’est dans cette cité des consuls, des empereurs et despapes que le prince Napoléon grandit dans la majesté des vieux souvenirsde la Rome païenne et dans le rayonnement des vivantes clartés de la Rome chrétienne. Mais dès l’âge de neuf ans, en 1851, à la suite de l'insurrectioncomprimée des Romagnes, il fut contraint de quitter cette résidence. Réfu-